• A l'intérieur

     

    Auteur : Jodi Picoult

    Genre : littérature contemporaine / policier

    Avis rapide : no

    Résumé : Quand votre fils ne vous regarde jamais dans les yeux… comment savoir s’il est coupable ? Adolescent atteint du syndrome d’Asperger, Jacob Hunt ne possède pas le mode d’emploi pour communiquer avec les autres. Enfermé dans sa bulle, il est pourtant d’une intelligence prodigieuse. Un sujet le passionne plus que tout : la criminalistique. Il parvient souvent à se rendre sur des scènes de crime, où il ne peut s’empêcher d’expliquer aux policiers comment faire leur travail. En général, il tombe juste. Mais lorsqu’un assassinat se produit dans le quartier, l’attitude de Jacob est un signe flagrant de culpabilité pour la police. Pour la mère et le frère de Jacob, l’intolérance et l’incompréhension qui ont toujours menacé leur famille resurgissent brutalement.  Et cette question lancinante, qui ne laisse pas leur âme en paix… Jacob a-t-il, oui ou non, commis ce meurtre ?

    Le thème central de ce roman, proposé en partenariat par les Editions Michel Lafon, ne pouvait que m'intéresser et m'inciter à postuler. Pensez donc, un livre avec un personnage principal atteint par le Syndrome d'Asperger ! Au final pourtant, mon avis est assez mitigé, et ce pour une raison un peu perturbante : je ne me suis pas du tout reconnue dans la façon dont le protagoniste principal vit son Asperger. Et même sans prendre mon cas (un peu particulier, sûrement !) en exemple, je n'ai pas non plus eu l'impression que le vécu de Jacob ressemblait à celui des diverses personnes que j'ai pu côtoyer via divers groupes pour "Aspies"...

    Pendant un temps, j'ai cru que ce ressenti était personnel. N'étant pas officiellement diagnostiquée, j'ai toujours tendance à douter de mes positions sur Asperger. Et puis j'ai pris différents avis à droite à gauche, et notamment sur des sites anglophones, et j'ai constaté qu'énormement de lecteurs (Aspergers ou ayant dans leur entourage des personnes atteintes du Syndrome...) partageaient mon avis. Notamment sur Goodreads... De ce fait, je me sens plus légitime pour exposer mes griefs.

    Ce qui m'a gênée, donc, c'est la vision faussée que semble avoir l'auteur du Syndrome d'Asperger.  Elle s'est pourtant bien informée et a visiblement pris en compte des témoignages, cependant elle oublie de préciser qu'il y a autant de formes d'Asperger qu'il y a d'individus, et j'ai eu l'impression qu'elle confondait parfois autisme "sévère" et Asperger... J'ai été gênée par la façon dont elle décrit les crises de colère de Jacob, par exemple. Pour avoir échangé avec pas mal d'Aspies, je n'ai jamais eu l'impression que ces crises étaient quelque chose de bien caractéristique. Evidemment, la gestion de la frustration est quelque chose de difficile pour les Aspergers, j'en sais quelque chose, mais ça ne débouche pas toujours sur une crise de colère façon gamin capricieux. A la limite, les passages où Jacob sombre dans la catatonie sont beaucoup plus parlants. Je n'ai jamais connu ça mais si j'étais frustrée ou en colère, je pouvais passer deux ou trois jours sans prononcer un seul mot...

    Je suppose que vu le contexte "policier" de l'intrigue, l'auteur a voulu insister sur ces crises de colère pour semer un petit doute dans l'esprit du lecteur. Mais ça m'a un peu gênée, de la même façon que je tique devant les films qui présentent des Aspies hyper intelligents qui savent parler dix langues ou jouer vingt instruments (ils existent, c'est un fait, MAIS ce n'est pas la majorité... Comme je dis toujours, tous les surdoués ne sont pas Aspergers, et tous les Aspergers ne sont pas surdoués !) ou que je grimace quand, après une fusillade aux USA, on présente l'auteur des faits comme "très probablement atteint du syndrome d'Asperger". Il n'y a rien de plus dangereux que les généralités. Evidemment, si on occulte ces maladresses et si on garde à l'esprit que Jacob est loin d'être l'Asperger-type, on peut apprécier l'histoire. Mais personnellement je n'ai aucune envie de donner ce livre à lire à quelqu'un dans l'espoir de lui faire mieux entrevoir ce qu'est Asperger, parce que pour moi il n'a rien de très représentatif...

    Je pense que si je n'avais pas été directement concernée par Asperger, j'aurais pu davantage apprécier la lecture, car l'aspect psychologique des autres protagonistes (le frère, la mère, l'avocat, le policier...) est très réussie, et à un moment donné on finit clairement par ne plus trop savoir où se situe la vérité. Mais la dimension trop caricaturale de Jacob m'a tout de même grandement dérangée.

    Je remercie malgré tout les Editions Michel Lafon pour ce partenariat !

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  • Commentaires

    1
    Lundi 9 Mai 2016 à 19:37
    Perso, c'est le genre de sujet qui ne m'attire pas dans un roman. On tombe vite dans les excès, les confusions voire la caricature. Je préfère les témoignages parce que j'ai plus de facilités à le prendre comme une vision "à part" des choses, quelque chose d'unique, une vision de son propre "cas".
    2
    Mardi 10 Mai 2016 à 16:06

    @ Elora : c'est effectivement le danger... Enfin, ça m'a rassurée de lire des réactions (surtout anglophones) de gens qui disaient qu'en effet l'auteur donnait une vision totalement faussée du syndrome !!!

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