• La fameuse "blessure cachée" !

    C'est un refrain que j'entends souvent. Presque aussi souvent que le fameux "l'Homme est un animal social" qui fera probablement l'objet d'un autre article un de ces jours ! Généralement, c'est glissé insidieusement dans la conversation. Si c'est sur un forum, c'est accompagné d'un smiley tristounet ou de trois petits points de suspension. L'air de dire "je ne veux pas te faire de peine, hein, mais je le dis quand même pour te rendre service !"... Si c'est dit IRL (rarement, les gens ne sont visiblement pas kamikazes !) c'est sur un ton tout doucereux, que j'ai pris l'habitude d'appeler "le ton du presque-psy"...

    Généralement, ça survient quand j'ai eu le malheur d'expliquer par le menu pourquoi j'aime bien être seule, ou pourquoi je refuse de sortir à tel ou tel endroit. Les forums, à ce propos, sont vicieux. Ils sont là pour que vous parliez de vous, à la base. Enfin, je veux dire, quand on est Asperger et qu'on va sur un forum psy avec une catégorie autisme, ce n'est quand même pas pour parler plantes vertes ou poissons rouges ! C'est pour parler de SON expérience personnelle, de sa vie, de son vécu... Sinon...où est l'intérêt ?

    Bref, ce fameux refrain, je l'entends venir avant même qu'il ne soit écrit ou prononcé, parce que la musique qui le précède est toujours la même ! Je le guette, et quand il surgit... Premier réflexe : je me marre ! C'est TELLEMENT prévisible, au fond, que ça en devient comique ! Deuxième réflexe : je me fâche. Un peu. Même si c'est contradictoire. Parce que bon, les choses trop souvent répétées finissent par agacer plus qu'elles n'amusent !

    Dernier exemple en date. Sur le forum d'un site dont je tairai le nom... Le sujet du post était la solitude, les intervenants postaient sur leur façon de la vivre, positivement ou négativement selon le cas. J'arrive là-dessus avec mes gros sabots et je blablate sur mon cas, sans excès, juste pour rester dans le thème, en disant qu'au fond je vis si bien toute seule que je suis incapable de me projeter dans une éventuelle relation amoureuse. Que quand j'y songe, à l'arrivée je ne vois quasiment que du négatif, et très très peu de positif. Et qu'au fond de moi j'ai conscience que j'ai une grosse tendance ermite, et que je ne suis pas sûre d'avoir la nécessité, l'envie, le besoin de lutter contre ma nature. Rien de méchant, quoi. Enfin. De mon point de vue !

    Oh, les réactions ont été gentilles, mielleuses même. Compatissantes, je dirais même. Alors que bon, à la base, je ne me plaignais de rien, je ne faisais que constater... Et finalement, comme prévu, la petite phrase tant répétée a fait son apparition.

    "Mais je suis sûre qu'au fond de toi tu connais l'origine de la BLESSURE CACHÉE qui t'empêche d'aller vers les autres."

     

    MEUH ???!!!

     

    Cette "blessure cachée" est l'arme ultime que les gens dégainent dès qu'ils sont à court d'arguments. Dès qu'ils se rendent compte que, non, je ne vais pas me mettre à pleurnicher sur mon manque de vie sociale. Que, non merci, je ne veux pas me forcer, faire semblant, imiter les autres juste parce que c'est ce que les gens normaux sont censés faire. Evidemment, il y a des variantes. J'ai aussi eu le droit plus souvent qu'à mon tour au : "mais tu es sûre que tu n'as pas vécu de traumatisme dans ton enfance ?"... Fut un temps où je démarrais au quart de tour, parce que ces phrases à la noix faisaient un peu trop écho à toutes les âneries que certains psychologues scolaires se sont autorisés à écrire dans mon dossier ! Mais en prenant de la bouteille, j'ai réalisé quelque chose : plus vous vous obstinez à démentir, plus l'autre en face y voit le signe qu'il a visé juste ! C'est encore plus vrai si votre agacement devient trop évident. Du coup... j'ai appris à jeter l'éponge. A répondre sur le ton de la mise en boîte : "oh, mais tu sais, je ne suis pas contrariante, si ça t'amuse d'y croire..."... Puis à couper court au sujet. Voire à partir du site, si ça s'est produit sur un forum.

    Le plus comique ? Une fois, une personne m'a sorti le refrain sur la fameuse blessure cachée, et je lui ai répondu en rigolant que, bon, quand même, elle devait être intervenue sacrément tôt, cette blessure, vu que dès les premières tentatives parentales de socialisation, j'avais commencé à mordre tous les enfants qui avaient le malheur de vouloir jouer avec moi. Réponse très sérieuse de la personne : "Mais tu sais, ça peut même venir d'un traumatisme vécu pendant la grossesse de ta mère."

    Hum hum. Parions qu'un jour quelqu'un mentionnera une "blessure cachée" liée à une vie antérieure !! 

    « Pourquoi j'ai revendu les Sims 4...Lockwood & Co., tome 1 »

  • Commentaires

    1
    Mardi 28 Avril 2015 à 10:40
    Elora

    Youhou ! Blessure cachée, es-tu là ?? tongue

    Premier réflexe, généralement, je m'énerve ! ^^

    2
    Mardi 28 Avril 2015 à 14:43

    @ Elora : j'avais ce réflexe aussi, sauf que pour les psys de pacotille, ça veut dire "youpi j'ai visé juste, la preuve, elle s'énerve !"... Du coup maintenant j'essaie d'en rire, ça vaut mieux !

    3
    zic
    Samedi 6 Mai à 21:46

    Je découvre ton blog. Je suis en cours de diagnostic Asperger. J'aime bien ton humour, ton style, ça me fait marrer par moments.

    Merci

     

     

     

      • Jeudi 22 Juin à 09:35

        Merci de ton passage ! Le blog n'est pas très actif en ce moment mais je vais tenter de le remettre en route, surtout que j'ai plein de choses à raconter. ;)

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