• La problématique de la rencontre amoureuse !

    J'ai eu envie d'écrire cet article suite à un échange que j'ai eu hier sur un forum (le dit forum n'étant absolument pas lié à Asperger)... J'y parlais de mon questionnement sur ma vie (ou plutôt ma non-vie) amoureuse... Je m'interroge sur le sujet depuis l'an dernier, davantage par curiosité que pour autre chose. Bon, j'avoue, je suis également consciente que je deviens de plus en plus solitaire, et qu'une petite remise en question pourrait être positive. D'un autre côté, mes motivations me semblent un peu bancales, pas très franches, et ma nature solitaire (qui a dit "asociale" ??) me parait quelque peu incompatible avec tout ça. Parce que bon, pour rencontrer quelqu'un, et pour entretenir une relation avec une personne, il faut quand même avoir un minimum de vie sociale !!

    Je ne parle absolument pas de l'aspect rencontre. Avec Internet, il y a largement moyen de tricher là-dessus. Il existe des tas de sites de rencontres, et si je ne suis pas du tout fan des sites généralistes qui ont pignon sur rue, j'ai pu tester deux ou trois sites confidentiels (pour geeks ou asexuels...) qui m'ont paru tout à fait fiables, et surtout totalement "vrais" (pas de faux profils et un accès gratuit)... J'ai un profil tellement particulier (et des attentes tellement particulières aussi, avouons !) que je ne compte pas du tout sur la rencontre "fortuite". Et d'ailleurs on en revient toujours au même : pour rencontrer quelqu'un, encore faut-il sortir ! Certes, j'ai été draguée une ou deux fois au boulot, mais franchement, pour l'avoir observée de l'extérieur, la relation amoureuse au travail, c'est un peu épineux, surtout quand ça se termine mal ! Et puis je bosse dans une ambiance assez stressante, et je n'ai AUCUNE envie de fréquenter quelqu'un qui vivrait le même stress : j'aurais du mal à décompresser. J'estime que j'ai deux vies : une vie personnelle et une vie professionnelle. Je n'ai aucune envie de mélanger les deux. C'est d'ailleurs aussi en partie pour ça que je n'ai jamais noué aucun lien avec mes collègues, et que je n'en ai jamais invité un seul chez moi !

    J'ai déjà eu des contacts sur les sites dont je parlais. Des contacts qui se sont inscrits sur la durée, avec des échanges quasi quotidiens. Le dernier a duré neuf mois, on avait même échangé les numéros de portable (même si je n'ai jamais tenu à ce qu'on se téléphone, j'ai du mal avec le téléphone, et au final on a échangé cinq ou six SMS !)... Mais je bloquais sur l'aspect rencontre réelle, parce que l'homme avec qui j'échangeais était trop enthousiaste. Oui, je sais, c'est bizarre, j'imagine qu'il y a un bon nombre de donzelles qui sautilleraient d'allégresse... Moi non. Parce que ma motivation à moi était à peu près aussi plate que l'électrocardiogramme d'une huître cuite. L'heureux élu (hum) habitait quand même à 500 km de chez moi. Ce qui fait une trotte. Il m'avait proposé de se déplacer, il comprenait que je sois réticente à l'idée de prendre les transports en commun, et comme j'étais un peu de mauvais foi, j'avais aussi utilisé l'argument suprême du "j'ai un chien, je ne peux pas le laisser tout seul"... Il était visiblement plein de bonne volonté, et m'avait dit que ça ne le dérangeait pas, qu'il aimait conduire, et comme il avait une partie de sa famille à proximité donc il profiterait de l'occasion pour venir les voir. Le hic ? Il a eu le malheur d'insister lourdement sur sa motivation. "Je suis quand même sacrément motivé pour faire 500 km pour venir boire un café !" m'a-t-il écrit. Et là...j'ai tiqué. Ou alors j'ai eu un bug. J'avais pourtant été très modérée dans mes propos, très honnête sur ma situation et mes motivations ultra floues, et je pensais clairement qu'il était un peu sur le même plan. Surtout qu'il se disait lui aussi solitaire, moins que moi, mais quand même. Donc j'ai reporté la rencontre, en lui disant clairement que je le sentais trop enthousiaste et que je ne voulais pas lui faire faire autant de route pour rien ! Il y a eu un petit silence radio, puis il m'a répondu qu'il comprenait et qu'il patienterait, qu'il n'était de toute façon "pas pressé". Je lui ai proposé malgré tout d'arrêter l'échange, parce que j'avais parfaitement conscience du fait que je le faisais quand même un peu trop mariner, et il a refusé, répétant qu'il n'était pas pressé. Pendant quelques semaines les choses sont restées très calmes, je n'avais pas trop de nouvelles. J'en ai pris une fois, puis j'ai décidé de laisser courir, et au final...il m'a juste virée de ses contacts FaceBook. Pouf, comme ça ! Bon, je n'en ai pas été attristée, parce qu'encore une fois je n'avais aucune attente, mais j'ai été scotchée par le peu de franchise de la méthode. Je veux dire par là qu'ayant mon numéro de portable et mon mail, il aurait pu se contenter d'un petit mot pour m'informer de sa décision ! J'ai trouvé ça très malpoli et ça m'a confortée dans le fait que j'avais eu raison de tiquer. (oui, j'admets, c'est facile comme réaction !)

    Le contact précédent avait duré moins longtemps, parce que j'avais mis un terme au dialogue (en prévenant par mail, moi !) au bout de trois ou quatre mois d'échange. L'homme concerné vivait dans ma région et se disait "casanier", sauf qu'il ne tenait pas en place. Il passait son temps chez ses amis, avec ses collègues, faisait des compétitions sportives tous les weekends, bref, il était autant casanier que moi je suis la Reine d'Angleterre !

    Bref. Quand on analyse ces deux expériences, on se rend compte que ce qui coince toujours, chez moi, c'est bien cette dimension sociale inhérente à une rencontre ! Je cible toujours des solitaires, puis je réalise que leur vision de la solitude est très éloignée de mon vécu. Vous me direz, un vrai solitaire peut-il avoir envie d'une vie de couple ? C'est bien là la question que je me pose. Personnellement j'ai longtemps dit que ça ne m'intéressait pas d'avoir une vie amoureuse. Maintenant, je suis plus pondérée, surtout depuis que j'ai nommé ma différence. Peut-on dire qu'on n'est pas intéressé par quelque chose qu'on ne connait pas ? C'est un peu comme dire "je n'aime pas les épinards" alors qu'on n'a jamais essayé. (Comment ça, elle est vaseuse, ma comparaison ?) Certes, je ne suis pas DU TOUT romantique. Je ne ressens pas ce besoin d'aimer et d'être aimée. Mais je me dis qu'il y a le côté "partage" qui peut être sympathique, à condition de trouver quelqu'un qui soit sur la même longueur d'onde, qui aime par exemple la lecture, les jeux vidéos, les randonnées, les animaux, etc. Quelqu'un qui ne veuille pas fonder une famille, qui accepte l'idée que j'ai besoin de grosses plages de solitude, qui puisse admettre qu'à certains moments j'ai un besoin total de calme et de silence. Oui bon, je sais, ça ressemble un peu à un remake de "Mission Impossible", surtout quand on ajoute mes critères (Je n'aime pas les chauves, je ne veux pas d'une trop grande différence d'âge, je n'aime pas les hommes trop grands qui me font sentir toute petite, je suis allergique à ceux qui font trop de fautes, je n'aime pas du tout les ultra sportifs maniaques du muscle, etc.) !!!

    Reste que je coince toujours sur l'aspect social. Notamment sur le fait qu'une relation, ça s'entretient. Et que moi, je me lasse vite. Je n'aime pas sortir, je l'ai déjà dit. Mais au début d'une relation (et même ensuite) on se doit de partager des moments ensemble, des activités, des sorties, des weekends...rien que pour voir si on se "supporte", j'imagine. Remarquez que je parle de la chose comme je vous parlerais de la vie sur Mars, je ne sais fichtrement pas comment ça fonctionne, mais bon, pour l'avoir observé chez les autres, j'en ai déduit que c'était comme ça que ça fonctionnait...

    J'ai une zone de confort (chez moi !). Je déteste les transports en commun. Je ne conduis pas. Or, j'ai très peu de chance de rencontrer quelqu'un qui habite la même ville que moi. Et j'avoue que comme je suis compliquée, le fait de trouver quelqu'un dans ma zone géographique me freinerait car je me sentirais "menacée" dans ma solitude. Le côté relation à distance me tenterait, sauf quand ce serait à moi de vaincre la fameuse distance pour aller retrouver l'autre. Sauf qu'on ne peut décemment pas attendre de l'autre que ce soit toujours lui qui fasse le déplacement.

    Hier, sur le forum dont je parlais en début de post, on m'a conseillée de commencer par me "forcer" à me socialiser. On m'a dit qu'avec un peu de chance, je découvrirai que j'aime ça. Je suis perplexe devant ce genre de conseils, qu'on m'a souvent répété. Je me connais. Je me connais même très bien. Je SAIS ce que j'aime et ce que je n'aime pas. Il n'y a AUCUNE chance que j'apprécie une activité sociale. Tous mes hobbies sont solitaires, pensez-vous que ce soit un hasard ? Soit-disant que c'est plus chouette de les partager. De temps en temps, pourquoi pas. Mais régulièrement ? Non. On m'a aiguillée vers le fameux site OVS (On Va Sortir). J'y suis inscrite depuis cinq ou six ans. Je n'ai jamais participé à une seule sortie. Parce que rien ne me tente. Aller boire un verre avec des inconnus le soir après le boulot ? Non merci. Faire une randonnée en groupe ? Pas mon délire, j'aime marcher à mon rythme, et avec mon toutou (qui est aussi peu sociable que moi et qui grognerait sur tout le monde !)... On me dit que j'y mets de la mauvaise volonté, que je ne peux pas être aussi hermétique aux autres que je le prétends. C'est facile à dire, mais je suis quand même bien placée pour savoir comment je fonctionne !

    Au-delà de la problématique amoureuse, donc, il y a le "handicap" de base, mon absence totale de vie sociale. Je ne suis JAMAIS sortie de chez moi le soir, pas même quand j'étais ado. J'ai toujours dormi chez moi, au pire sur mon lieu de vacances, mais vu que c'est moi (ou ma famille) qui loue le lieu en question, dans mon petit esprit tortueux ça reste "chez moi"... Récemment ma mère m'a dit qu'au lieu de prétendre que je n'aime pas ça, je devrais essayer de partir ne serait-ce qu'un weekend. Ce à quoi j'ai répondu : "mais pour quoi faire ?" A quoi bon gaspiller des sous et de l'énergie si je n'ai pas ENVIE de bouger de chez moi ? Évidemment, c'est sûrement un autre cercle vicieux : pour avoir envie, il faudrait peut-être que je sois stimulée, et peut-être bien que cette "stimulation" viendrait si j'étais (bien) accompagnée. Je ne dis pas que je n'ai jamais envie de voir une expo, ou de visiter un endroit. Mais toute seule, ça coince. Pas par timidité ou par peur. Juste parce qu'une femme seule qui se pose au restaurant ou à la terrasse d'un café se fera forcément aborder à un moment ou à un autre, et que bizarrement les dragueurs ne correspondent jamais au "portrait-robot" que j'ai dressé de mon éventuel prétendant ! Et puis je sais comment je réagis à une situation sociale imprévue : je me coince, je deviens désagréable et cassante, ou alors j'adopte le regard "qui fusille" et qui suffit généralement à mettre en fuite ! (J'ai testé avec un voisin ! bon, aucun regret, il a dû me prendre pour une couguar, il a facilement 15 ans de moins que moi !) Moi, j'ai besoin de préparation, je ne peux pas discuter avec quelqu'un dont je ne sais rien, et l'échange social me vampirise tellement que j'ai besoin de m'y préparer, notamment en dormant et en me mettant en condition mentale. Avouez que ça enlève toute spontanéité à la chose !

    En résumé, comme dirait mon ami FaceBook, "it's complicated" ! Je ne crois pas du tout au coup de foudre, et je n'éprouve aucune attraction pour les hommes qui croisent ma route. Je ne rêve pas du grand brun aux yeux verts. Je ne bave devant aucun acteur célèbre, je n'ai jamais été une fan énamourée d'un chanteur "ultra sexy" ou que sais-je. Je précise ici que je ne suis pas davantage attirée par la gente féminine. On m'a déjà posé la question, donc je préfère le dire. Comme m'a dit ma mère (d'un air désespéré, alors même qu'elle est quand même un peu homophobe, même si elle ne le reconnaîtra jamais) : "Si encore tu étais attirée par les femmes... Mais non, même pas, je crois que tu les aimes encore moins que les hommes !" Et c'est vrai, les femmes m'agacent vite, je m'entends nettement mieux avec les hommes qui me semblent moins compliqués et plus francs. Ce qui ne solutionne rien.

    Actuellement, je m'interroge sur la suite. Vais-je me réinscrire sur les sites de rencontre "confidentiels"dont je parlais plus haut ? Vais-je juste "laisser courir" tout en sachant que plus le temps passera et plus j'aurai de mal à aller vers les autres ? Je ne sais pas. En fait, ça m'intrigue plus que ça ne me préoccupe. Je m'observe comme un gamin qui regarderait évoluer une petite fourmi sous un microscope. Je peine moi-même à comprendre ce désintérêt pour le sujet. Je pense que le fait d'avoir tant tarder à mettre un nom sur ma différence y est pour quelque chose, dans le sens où je me suis longtemps dit que j'étais trop "à part" pour intéresser quelqu'un (et dans le sens surtout où je me suis longtemps sentie comme une extraterrestre tombée de sa soucoupe ! Je n'ai jamais pensé qu'il y avait d'autres extraterrestres avec le même ressenti que moi !)... Tout ça, additionné à ma nature solitaire, m'a conditionnée et m'a poussée à me retrancher dans ma bulle. Je me suis programmée pour vivre seule. Et franchement, la grosse question, c'est : ai-je envie de me déprogrammer ?!

    Mystère et boule de gomme !

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 11 Juin 2015 à 17:52
    Caro Bleue Violette

    Nous n’avons effectivement pas tous le même concept de la solitude. Par exemple, moi je me considère comme solitaire parce que j’aime passer du temps seule et que la solitude ne me dérange pas... Mais je passe aussi pas mal de temps en famille ou avec mes amis, et j’ai quelques activités sociales.

    « Je ne ressens pas ce besoin d'aimer et d'être aimée. Mais je me dis qu'il y a le côté "partage" qui peut être sympathique, à condition de trouver quelqu'un qui soit sur la même longueur d'onde [...]Quelqu'un qui ne veuille pas fonder une famille, qui accepte l'idée que j'ai besoin de grosses plages de solitude »

    Voilà, c’est exactement ce que je veux aussi. Mais purée c’est pas facile à trouver !

    Je me lasse également très vite, du moins «  en amour », du coup mes relations ne durent jamais plus de quelques semaines.

    OVS... Ma mère y est inscrite. Moi le concept m’horrifie, lol, tu parles, avec ma phobie sociale XD

    Et te forcer à socialiser... Franchement ça peut vite virer à la torture mentale.

    Perso ça m’arrive d’aller boire un verre seule ou de déjeuner seule ou d’aller au ciné seule mais toujours en journée. Et faut pas qu’un mec s’avise de m’aborder sinon je fais comme toi, je deviens agressive parce que je me sens agressée.

     

    La déprogrammation... C’est hyper difficile de casser ses schémas cognitifs pour en construire d’autres. Faut vraiment y être prêt parce qu’émotionnellement ça peut être très très compliqué à gérer.

    2
    Mardi 7 Juillet 2015 à 15:44

    @ Caro : ah, le concept OVS...moi aussi je trouve ça assez horrible, et pourtant je n'ai pas de phobie sociale. Je suis inscrite en sachant quasi pertinemment que je n'irai jamais. Et puis ils sont réactionnaires au possible, par chez moi. La seule et unique fois où j'ai proposé un truc (une activité sportive que je voulais "réservée aux filles pas très sportives") je me suis fait taxée de sexiste. Par des femmes, en plus. MEUH.

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