• Série : Susan Hopper

    Tome 1  : Le Parfum Perdu

    Auteurs : Anne Plichota et Cendrine Wolf

    Genre : Fantastique / jeunesse

    Avis rapide : ^^

    Résumé :Et si vos cauchemars prenaient vie ? Un manoir en Écosse… Susan n’en revient pas. Du haut de ses quatorze ans, elle savoure pour la première fois le confort d’un grand lit moelleux dans une chambre bien à elle. Et cela, grâce aux Hopper qui viennent de l’adopter. Soudain, ce n’est plus la douceur du drap qu’elle sent sous ses orteils, mais un sol rocailleux et froid. Une brise glacée lui caresse les joues. En ouvrant les yeux, elle distingue une statue qui se découpe dans le brouillard. À ses pieds, les pierres tombales s’étendent à perte de vue. Un cimetière. Elle se trouve en plein milieu d’un cimetière. Et des tombes s’échappent lentement une ombre, puis une autre, et une autre encore… Un rêve. Ce ne peut être qu’un rêve. Mais si ce n’était pas le cas ? Si la malédiction qui pèse sur Susan depuis sa naissance l’avait finalement rattrapée ?

    Cela faisait un moment que je lorgnais sur ce livre, mais pour une obscure raison il m'a fallu deux ans pour me décider à l'acheter. Et au final, je l'ai lu quasiment en une journée...et j'ai tellement adoré que j'ai sauté sur le second (et dernier) tome quand il est sorti !

    Tout, dans cette histoire, est captivant : le personne de Susan est intrigant dès le départ, l'ambiance est envoûtante, l'intrigue tient en haleine dès le tout début... Une fois qu'on a commencé la lecture, on se retrouve pris au piège et on enchaîne les chapitres pour en connaître le dénouement !

    La tonalité générale est assez sombre, notamment à cause du passé de Susan, et certains passages font vraiment frissonner. D'ailleurs, la couverture est très représentative du contenu du livre ! C'est un roman à conseiller aux adolescents, voire à un lectorat adulte.

    Les derniers chapîtres sont époustouflants, et j'ai clairement hâte de voir comment Susan et Eliot vont se sortir de la situation épouvantable qui est la leur à la fin de ce premier tome !


    3 commentaires
  • Série : Lockwood & Co.

    Tome 2  : Le Crâne qui Murmure

    Auteur : Jonathan Stroud

    Genre : Fantasy / jeunesse

    Avis rapide : ^^

    Résumé : Depuis qu'ils ont frôlé la mort six mois plus tôt, les affaires ne sont pas optimales pour les membres de l'agence Lockwood et Co. Kipps et son équipe les narguent et Anthony bouillonne. Il lance un défi à son rival : la prochaine fois, le perdant devra admettre publiquement sa défaite. L'occasion ne tardera pas à se présenter.

    Souvenez-vous... L'an dernier, je vous faisais part de mon enthousiasme concernant le premier tome de la nouvelle série de Jonathan Stroud (un de mes auteurs fétiches, soit dit en passant)... C'est donc tout naturellement que je me suis empressée d'acheter le second volet des aventures du trio qui compose Lockwood & Co !

    Et... le coup de coeur est bel et bien confirmé ! Ce livre a été dévoré aussi rapidement que le premier tome, et j'ai tout aussi hâte d'avoir le troisième volet dans les mains ! L'histoire est toujours aussi captivante, et on en apprend un peu plus sur les personnages et certains de leurs travers. George, notamment, est mis en avant dans cette seconde aventure. On comprend aussi que Lockwood dissimule un lourd secret, qui sera probablement au centre de la prochaine aventure si je me fie au contenu du dernier chapitre... J'ai adoré les interactions avec cet inquiétant "crâne qui murmure" et j'ai trouvé que les scènes avec les fantômes étaient décidément bien inquiétantes !

    En bref, cette lecture m'a enchantée, tout en me faisant un peu frissonner par moment !


    3 commentaires
  • Série : Les Prodiges

    Tome 1

    Auteur : Jeremy Scott

    Genre : jeunesse / fantastique

    Avis rapide : happy

    Résumé : Ils sont six. Ils sont handicapés. Personne ne croit en eux. Pourtant leurs pouvoirs sont incroyables. Ils sont les Prodiges. Des superhéros comme vous n’en avez jamais vu !

    Sans être une spécialiste du sujet, je suis une grande fan des histoires de super-héros. C'est donc tout naturellement que j'ai tenté ma chance et que j'ai postulé à ce partenariat proposé sur Livraddict. J'ai mis à profit mon premier weekend de vacances pour me plonger dedans : commencé vendredi soir, terminé dimanche matin, autant dire qu'il n'aura pas fait long feu !

    Ce dévorage en règle est un signe qui ne trompe pas : j'ai adoré ce roman ! Pourtant, au tout début, j'ai tiqué, parce que la narration se fait à la première personne du singulier et que j'ai toujours eu du mal avec ce type de récit. Sauf que là, ça ne m'a posé aucun souci, probablement parce que le narrateur est extrêmement sympathique, mais aussi parce qu'au final, grâce à ce procédé, on a un peu le sentiment d'être dans la confidence, de faire partie de ce petit groupe d'amis, soudés par leurs handicaps et par leur envie de faire leurs preuves.

    Car le grand point fort des Prodiges, c'est bien cette sympathie que nous inspirent les personnages principaux ! Il n'y en a pas un seul qui soit pénible ou agaçant. Ils sont tous complémentaires, ont tous un rôle à jouer (à part Freddie, peut-être, qui semble un peu en retrait...) et sont tous attachants, chacun à sa façon.

    L'autre grand point fort, c'est l'absence de sentiments édulcorés ! Certains passages sont vraiment durs sur le plan moral. Je pense notamment à un événement très fort qui impacte Philip, et auquel je ne m'attendais pas trop dans ce genre de lecture !

    Quant à l'intrigue elle-même, elle est très prenante, et même si personnellement j'avais entrevu la grande révélation finale, il n'empêche que le récit ne connait aucun temps mort, aucune redondance, et qu'on se retrouve à tourner fiévreusement les pages pour savoir ce qu'il advient de nos héros !

    J'ai apprécié le message global, sur fond de tolérance et d'espoir. Et j'ai déjà bien hâte de lire le prochain tome !

    Un grand merci à Livraddict et aux Editions Michel Lafon pour ce joli partenariat !


    votre commentaire
  • Auteur : Emily Bleeker

    Genre : thriller

    Avis rapide : arf

    Résumé : Lillian, épouse et mère de deux enfants, a accepté d'accompagner sa belle-mère dans un voyage aux Fidji gagné lors d'un jeu. Mais les vacances de rêve se transforment rapidement en cauchemar, quand leur petit avion s'écrase sur un île déserte. Deux ans plus tard, seuls Lillian et son guide, Dave, sont retrouvés par hasard et secourus. À leur retour, leur histoire incroyable fait la joie des médias. Comment ont-ils pu survivre durant tout ce temps et qu'est-il arrivé aux autres passagers ? Tous deux relatent une même version sans fausse note, à la presse bien sûr mais aussi à leur famille et leurs amis. Quand Genevieve Randall, une journaliste à la dent dure, se met en tête qu'ils cachent un secret, elle n'imagine pas que son enquête va prendre une dimension inattendue...

    C'est le résumé de ce livre qui m'a incitée à postuler pour ce partenariat. J'aime bien les histoires d'îles désertes, de naufrage, de survie, bref, sur le papier ça  avait tout pour me plaire...

    Ne mentons pas, je l'ai lu très facilement, en un tout petit peu plus d'une soirée. L'écriture est fluide, les chapitres s'enchaînent sans temps morts, les transitions entre le moment "présent" et le temps passé sur l'île sont très bien menées, bref, aucune critique de ce côté-là. Mais au final j'avoue que cette lecture ne me laissera pas un souvenir impérissable.

    La chose qui m'a peut-être le plus gênée, c'est le lien entre les deux personnages principaux et leur comportement à leur retour "à la civilisation". Je pensais lire une histoire de survie, une bataille contre la nature, et ça a été effectivement le cas pendant la première partie du roman, mais j'ai décroché quand ça a commencé à devenir plus intime, et pas seulement parce que je ne suis absolument pas fan des histoires d'amour. En fait, là, présentement, ce qui m'a le plus gênée c'est le personnage de Lillian : j'ai été incapable de la trouver sympathique, du tout début à la toute fin. Je ne saurais pas trop dire pourquoi mais c'est comme dans la vie réelle je suppose, certaines choses ne s'expliquent pas.

    J'ai aussi été un peu déçue par certaines scènes que j'avais vues arriver à cent mètres, par certaines facilités aussi, et par le côté stéréotypé du gros méchant de l'histoire, j'ai nommé Kent.

    Et puis j'avoue que la fin ne m'a pas du tout séduite, elle arrive comme un cheveu sur la soupe et au final je l'ai trouvée presque...dérangeante, c'est le mot. Les scènes entre Lillian et son mari, ainsi que les "révélations" finales m'ont parues non seulement très "grossières" mais aussi assez malsaines.

    En conclusion, un avis mitigé pour moi. Je pense que si la fin avait été différente, j'aurais pu me laisser davantage séduire, mais là, je suis vraiment restée sur une mauvaise impression...

    Pour nuancer je dirais que c'est une lecture idéale pour les vacances. Ca se lit vite, ça distrait bien, mais ça ne reste pas longtemps gravé dans la mémoire.

    Un grand merci aux Editions Michel Lafon pour ce partenariat.


    votre commentaire
  • Série : Forget Tomorrow

    Tome 1

    Auteur : Pintip Dunn

    Genre : jeunesse / science-fiction

    Avis rapide : ouch

    Résumé : Imaginez un monde où votre avenir a déjà été fixé… par votre futur moi ! Callie vient d’avoir dix-sept ans et, comme tous ses camarades de classe, attend avec impatience le précieux « souvenir », envoyé par son moi futur, qui l’aidera à se glisser dans la peau de la femme qu’elle est destinée à devenir. Athlète de haut niveau… Scientifique de renom… Politique de premier plan… Ou, dans le cas de Callie, tueuse. Car dans son rêve, elle se voit assassiner Jessa, sa jeune sœur adorée… qu’elle passe pourtant ses journées à protéger des autorités, car l’enfant a le pouvoir caché de prédire l’avenir proche ! Avant même de comprendre ce qui lui arrive, Callie est arrêtée et internée dans les Limbes – une prison réservée à tous ceux qui sont destinés à enfreindre la loi. Avec l’aide inattendue de Logan, un vieil ami qui a cessé, cinq ans auparavant, de lui parler du jour au lendemain, elle va tenter de déclencher une série d’événements capables d’altérer son destin. Lorsque l’avenir semble tout tracé, le combat est-il perdu d’avance ?

    Je lorgnais sur ce livre depuis sa sortie et au final...malgré tous les avis ultra enthousiastes que j'ai pu lire dessus, j'ai été pour ma part terriblement déçue. En premier lieu parce que je trouve que le résumé dévoile les 3/4 de l'histoire. En deuxième lieu parce que l'originalité de l'intrigue est complètement gâchée par une histoire d'amour omniprésente (et, de mon point de vue, assez "niaise" !). Et en troisième lieu parce que je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages.

    Je sais que je ne suis décidément pas faite pour apprécier les romances, mais d'ordinaire j'arrive quand même à en faire abstraction pour me concentrer sur la trame. Or, là, j'ai eu l'impression que si on enlevait les passages mièvres, on se retrouvait avec un livre deux fois moins épais... L'intrigue est vraiment alourdie par cette romance qui traîne en longueur (ou qui tourne en rond, c'est selon...)... Quand l'histoire pourrait regagner en intensité, badaboum, l'héroïne se remet en mode midinette... J'ai vraiment saturé...et c'est pour cela que je sais déjà que la suite se lira sans moi...


    5 commentaires
  •  

    Auteur : Jodi Picoult

    Genre : littérature contemporaine / policier

    Avis rapide : no

    Résumé : Quand votre fils ne vous regarde jamais dans les yeux… comment savoir s’il est coupable ? Adolescent atteint du syndrome d’Asperger, Jacob Hunt ne possède pas le mode d’emploi pour communiquer avec les autres. Enfermé dans sa bulle, il est pourtant d’une intelligence prodigieuse. Un sujet le passionne plus que tout : la criminalistique. Il parvient souvent à se rendre sur des scènes de crime, où il ne peut s’empêcher d’expliquer aux policiers comment faire leur travail. En général, il tombe juste. Mais lorsqu’un assassinat se produit dans le quartier, l’attitude de Jacob est un signe flagrant de culpabilité pour la police. Pour la mère et le frère de Jacob, l’intolérance et l’incompréhension qui ont toujours menacé leur famille resurgissent brutalement.  Et cette question lancinante, qui ne laisse pas leur âme en paix… Jacob a-t-il, oui ou non, commis ce meurtre ?

    Le thème central de ce roman, proposé en partenariat par les Editions Michel Lafon, ne pouvait que m'intéresser et m'inciter à postuler. Pensez donc, un livre avec un personnage principal atteint par le Syndrome d'Asperger ! Au final pourtant, mon avis est assez mitigé, et ce pour une raison un peu perturbante : je ne me suis pas du tout reconnue dans la façon dont le protagoniste principal vit son Asperger. Et même sans prendre mon cas (un peu particulier, sûrement !) en exemple, je n'ai pas non plus eu l'impression que le vécu de Jacob ressemblait à celui des diverses personnes que j'ai pu côtoyer via divers groupes pour "Aspies"...

    Pendant un temps, j'ai cru que ce ressenti était personnel. N'étant pas officiellement diagnostiquée, j'ai toujours tendance à douter de mes positions sur Asperger. Et puis j'ai pris différents avis à droite à gauche, et notamment sur des sites anglophones, et j'ai constaté qu'énormement de lecteurs (Aspergers ou ayant dans leur entourage des personnes atteintes du Syndrome...) partageaient mon avis. Notamment sur Goodreads... De ce fait, je me sens plus légitime pour exposer mes griefs.

    Ce qui m'a gênée, donc, c'est la vision faussée que semble avoir l'auteur du Syndrome d'Asperger.  Elle s'est pourtant bien informée et a visiblement pris en compte des témoignages, cependant elle oublie de préciser qu'il y a autant de formes d'Asperger qu'il y a d'individus, et j'ai eu l'impression qu'elle confondait parfois autisme "sévère" et Asperger... J'ai été gênée par la façon dont elle décrit les crises de colère de Jacob, par exemple. Pour avoir échangé avec pas mal d'Aspies, je n'ai jamais eu l'impression que ces crises étaient quelque chose de bien caractéristique. Evidemment, la gestion de la frustration est quelque chose de difficile pour les Aspergers, j'en sais quelque chose, mais ça ne débouche pas toujours sur une crise de colère façon gamin capricieux. A la limite, les passages où Jacob sombre dans la catatonie sont beaucoup plus parlants. Je n'ai jamais connu ça mais si j'étais frustrée ou en colère, je pouvais passer deux ou trois jours sans prononcer un seul mot...

    Je suppose que vu le contexte "policier" de l'intrigue, l'auteur a voulu insister sur ces crises de colère pour semer un petit doute dans l'esprit du lecteur. Mais ça m'a un peu gênée, de la même façon que je tique devant les films qui présentent des Aspies hyper intelligents qui savent parler dix langues ou jouer vingt instruments (ils existent, c'est un fait, MAIS ce n'est pas la majorité... Comme je dis toujours, tous les surdoués ne sont pas Aspergers, et tous les Aspergers ne sont pas surdoués !) ou que je grimace quand, après une fusillade aux USA, on présente l'auteur des faits comme "très probablement atteint du syndrome d'Asperger". Il n'y a rien de plus dangereux que les généralités. Evidemment, si on occulte ces maladresses et si on garde à l'esprit que Jacob est loin d'être l'Asperger-type, on peut apprécier l'histoire. Mais personnellement je n'ai aucune envie de donner ce livre à lire à quelqu'un dans l'espoir de lui faire mieux entrevoir ce qu'est Asperger, parce que pour moi il n'a rien de très représentatif...

    Je pense que si je n'avais pas été directement concernée par Asperger, j'aurais pu davantage apprécier la lecture, car l'aspect psychologique des autres protagonistes (le frère, la mère, l'avocat, le policier...) est très réussie, et à un moment donné on finit clairement par ne plus trop savoir où se situe la vérité. Mais la dimension trop caricaturale de Jacob m'a tout de même grandement dérangée.

    Je remercie malgré tout les Editions Michel Lafon pour ce partenariat !


    2 commentaires
  • Aujourd'hui, c'est le jour "guimauve". Le jour des z'amoureux, parait-il. Le jour où on voit fleurir des messages mièvres, où les hommes dévalisent les fleuristes, les bijoutiers, les parfumeurs, où les restaurants proposent des menus spéciaux, etc. Le jour aussi où les célibataires sont censés déprimer, se morfondre, pleurer sur l'injustice du monde, ou participer à des soirées "pour célibataires", pour précisément ne plus déprimer l'an prochain à la même époque.

    Et moi, dans tout ça, je me situe où ?? 

    Je n'en sais fichtrement rien. Pas du côté déprime, ça c'est clair et net. J'ai toujours été célibataire, je n'ai jamais eu l'ombre d'un flirt, ni à l'adolescence ni après, et je n'ai jamais éprouvé de manque ou d'envie. Et quand bien même j'aurais eu une vie amoureuse, eh bien, franchement...je trouve cette "fête" assez vide de sens. Comme si les amoureux avaient besoin d'un jour spécial pour manifester leurs sentiments à leur moitié... On me dira, je dis ça par manque d'expérience, parce que je n'ai jamais connu "l'émoi amoureux" et que forcément je suis insensible au côté romantique de l'affaire. Peut-être. Peut-être pas. Je le reconnais bien volontiers, je n'ai jamais eu la fibre sentimentale. Quand les petites filles rêvaient d'un prince charmant devant les dessins animés de Walt Disney, moi je m'imaginais en train de traquer les criminels avec Rick Hunter ou Hooker...

    Ces deux dernières années, j'ai tenté de m'ouvrir un peu à cette dimension amoureuse, parce que quelque part je suis consciente que, dans le futur, je pourrai peut-être être amenée à regretter ce mode de vie qui est le mien. J'avais mentionné ici mes quelques expériences avortées. J'ai tenté de me réinscrire sur des sites de rencontre confidentiels, spécial geeks, spécial asexuels, bref, des sites qui sur le papier me correspondent. Mais depuis quelque temps, je fais un blocage complet à l'idée d'être inscrite sur ce type de support. J'y reste grand maximum deux jours avant d'effacer mon profil et de disparaître. Pas parce que je n'assume pas d'y être inscrite. Mais parce qu'au fond ma démarche me parait vraiment trop vide de sens. Je ne m'y inscrit pas parce que je rêve de trouver "le Grand Amour" mais juste parce que... eh bien... parce que, je crois, j'essaie de me "forcer" à m'intéresser au sujet. Ce qui n'est pas bien malin, parce que j'imagine que le sentiment amoureux, ça existe ou ça n'existe pas, mais ça ne peut pas se "créer" de toute pièce sur la peur d'un éventuel manque futur.

    La vérité, c'est que je ne me vois pas vivre en couple. Même sans parler de vivre sous le même toit. Partager mon temps libre avec quelqu'un, devoir faire des concessions de temps en temps, être obligée de discuter et de demander à l'autre de me raconter ses journées quand je n'aspirerais qu'au silence, devoir supporter une proximité physique (même occasionnelle), devoir entretenir la flamme en ayant des petites attentions pour l'autre... Tout ça me parait bien contraignant, et pas du tout, du tout proche de mon caractère et de mes attentes.

    Evidemment, les éternels optimistes, ceux pour qui ma situation est "déprimante" et pour lesquels il est inconcevable que je m'épanouisse dans la solitude, sont toujours là pour me dire que c'est parce que je n'ai pas rencontré "la bonne personne".

    Moi, je n'y crois pas. J'ai déjà été draguée. J'ai déjà échangé avec des hommes dont le profil se rapprochait du mien et qui me manifestaient de l'intérêt. Et ? Eh bien, je n'y ai jamais donné suite. Parce que, toujours, il manque cette envie. Personne ne pourra la faire naître d'un coup de baguette magique. J'ai toujours été le genre de personne à s'épanouir dans le silence et la solitude. Les amis, les sorties, la famille, ça ne m'a jamais attirée, au contraire, ça m'a toujours mise en fuite. Rien que le côté "aller boire un café" me rebute. Parce que pendant que je serai attablée avec l'homme qui m'aura invitée, je serais en train de ruminer sur le fait que ce temps de pause aurait été plus plaisant si je l'avais passé toute seule chez moi, avec un bouquin, un puzzle, un jeu vidéo ou un DVD. Sans compter que dans ce genre de contexte, j'aurais clairement l'impression de jouer un rôle, d'être hypocrite, de mentir à l'autre qui penserait que je suis heureuse de passer un moment en sa compagnie... Je joue un rôle en permanence dès que je sors de chez moi pour aller au travail, et je me refuse d'endosser encore un autre rôle quand il s'agit de ma vie personnelle.

    Du coup, ces histoires de Saint-Valentin me font doucement rigoler. Surtout quand on me sort (de plus en plus rarement, heureusement !) des phrases toutes faites du style "je te souhaite que ce soit ta dernière Saint-Valentin en solo". Les gens, parfois, devraient se renseigner avant de parler !

    Cependant, le plus dur à gérer pour moi, ce sont les femmes célibataires et frustrées de l'être qui, me sachant célibataire moi aussi, pensent que je vais partager leur détresse et leur désespoir. Et qui me prennent en grippe quand elles réalisent qu'en fait je suis bien contente d'être comme je suis. Avec le temps, j'ai appris à ne plus trop claironner sur les toits que j'étais heureuse dans mon célibat, juste pour éviter de nourrir les rancœurs de mes collègues qui souffrent de leur situation...et qui semblent considérer qu'il est impossible de s'épanouir quand on est seul(e).

    Avouons-le, au final elles ne m'agacent même plus, elles me font juste pitié... Parce qu'elles n'ont pas compris l'essentiel : le bonheur est une notion égoïste qu'on peut très bien cultiver en solitaire. D'autant qu'une petite partie de moi reste persuadée qu'il est impossible d'être heureux à deux quand on n'est déjà pas capable de l'être quand on vit seul...


    votre commentaire
  • Série : Phobos

    Tome 2

    Auteur : Victor Dixen

    Genre : jeunesse / science-fiction

    Avis rapide : biggrin

    Résumé : ILS CROYAIENT MAITRISER LEUR DESTIN. Ils sont les douze pionniers du programme Genesis. Ils pensaient avoir tiré un trait sur leurs vies d’avant, pour devenir les héros de la plus fabuleuse des odyssées. En réalité, ils sont les victimes de la plus cruelle des machinations.

    ELLE CROYAIT MAITRISER SES SENTIMENTS. Sur Mars, Léonor espérait trouver la gloire et, pourquoi pas, l’amour. Elle pensait pouvoir ouvrir son cœur sans danger. En réalité, elle a ouvert la boîte de Pandore du passé. MEME SI LES SOUVENIRS TOURNENT AU SUPPLICE, IL EST TROP TARD POUR OUBLIER.

    Le problème, quand on a adoré un premier tome, c'est qu'on place toujours de gros espoirs sur le suivant. Quitte à être (un poil) déçu... 

    Je ne peux pas dire que j'ai détesté cette suite, car me voici exactement dans le même état qu'après lecture du premier volet : j'attends déjà impatiemment de connaître la suite des aventures de nos pionniers... Cependant, je suis quand même un peu mitigée quant à la direction prise par l'histoire.

    En premier lieu, je dois reconnaître que je me suis vraiment ennuyée durant toute la première moitié du roman. Et ça, c'est ballot. Je l'ai commencé durant ma première semaine de congés, je l'ai terminé deux jours avant leur fin. Durant tout ce temps, j'ai essayé de m'immerger dans l'histoire, sans grand succès. Mon intérêt est remonté en flèche après l'épisode des mariages, mais dans l'ensemble je n'ai pas retrouvé le rythme entraînant du premier tome. Et rien que ça, c'est quand même un peu décevant. J'ai trouvé que les transitions entre ce qui se passe sur Mars, chez Serena ou du côté d'Andrew manquaient de naturel, alors que dans le premier tome on s'y croyait vraiment.

    Deuxièmement, j'ai trouvé que c'était parfois "too much", comme diraient nos amis anglophones. Et très sincèrement, quand on sombre dans l'exagération, parfois on a du mal à rester crédible. Bon, vous me direz, une histoire de télé-réalité qui se passe sur Mars, déjà, à l'origine, ce n'est pas "réaliste", pas encore en tout cas. Mais là, à force de charger la mule, disons qu'elle finit par avoir du mal à avancer... Les personnages avaient déjà leur part de malheur dans le tome 1 (malheur lié à leur passé) mais là...on en rajoute une couche, et ça devient vraiment "trop"... De plus, j'ai trouvé que beaucoup de protagonistes étaient laissés de côté. Au final, seuls Léo, Marcus, Mozart et Alexei sont vraiment mis en avant dans ce second volume. Les autres ne font quasiment que de la figuration, alors que dans le premier tome ils avaient beaucoup plus d'épaisseur.

    Enfin, et ce sera mon ultime reproche, j'ai trouvé que Léo s'était considérablement radoucie, pour ne pas dire ramollie, depuis son mariage... Elle qui affirmait ne pas croire en l'amour est devenue une petite chose fragile et énamourée. Allez, je vous l'accorde, mon agacement à ce propos est sûrement motivé par mon non-sentimentalisme légendaire.

    Bref, je suis un peu embêtée. Car au final, j'aime toujours autant cet univers si particulier, et j'ai hâte de connaître la suite de l'affaire. Mais vraiment, je m'attendais à mieux, et donc je ne peux pas dire que j'ai adoré cette suite... Un avis en demi-teinte, donc.


    votre commentaire
  • Hier, en échangeant sur le Net, quelqu'un m'a dit que j'étais sûrement Asperger.

    C'est rigolo, parce que je n'en avais absolument pas parlé, et parce que je ne faisais qu'échanger autour de la solitude. MA solitude, celle que je chéris depuis que je suis toute petite. J'étais sur un forum dédié aux gens novices en matière de relations amoureuses quand on m'a dit ça. J'y étais allée par curiosité, pour zieuter un peu les profils existants (et pour me rendre compte que décidément je ne rentre dans aucune case, ces gens-là aussi sont en grande souffrance morale et subissent leur situation, ce qui n'a jamais été mon cas, bref, passons...)... J'avais ouvert un fil pour me présenter, parce que c'était obligé, et donc j'avais exposé ma situation et mon mode de vie. Solitaire, donc.

    Il n'a pas fallu deux heures pour qu'on vienne me dire que je devrais "me forcer à voir du monde", "me trouver des activités moins solitaires", voire même carrément "voir un psy". Le ton n'était pas méchant, pas agressif, je suis persuadée qu'ils pensaient bien faire, mais...c'est un peu récurrent, ce discours, non ?

    La personne qui a parlé d'Asperger m'a dit qu'une autre utilisatrice s'était inscrite sur ce même forum une année plus tôt et qu'elle était Aspie, que son discours présentait des similitudes avec moi. Et m'a suggéré qu'Asperger pouvait expliquer ma vie solitaire. Ah ah ah. Je me marre, mon canard, parce que figurez-vous que les Aspies officiellement diagnostiqués, et même la psy que j'ai vue très très brièvement, m'ont dit que j'étais "trop" solitaire pour n'être "que" Asperger.

    Le paradoxe, donc, c'est que pour les gens lambda, ma solitude peut découler d'un Asperger. Et que pour les Aspergers, je suis trop solitaire (et trop égocentrique) pour être Aspie.

    Avouons que c'est comique...

     

    Du coup, ça m'a donné envie de revenir un peu sur cette histoire de solitude, même si j'avais rapidement abordé la question l'an dernier. Pour ma part, je considère que je suis Asperger ET solitaire. J'avoue, au tout début j'ai cru que seul Asperger pouvait expliquer mon amour inconditionnel de la solitude, mais j'ai vite réalisé que je me fourvoyais en me renseignant davantage que le sujet. Normalement, Asperger crée un sentiment d'isolement, une souffrance liée au fait que l'individu atteint est incapable de décoder les codes sociaux et de se mêler aux autres. Moi je sais décoder ces fameux codes (pas tous, uniquement ceux qui ont trait au travail... mais j'ai un gros côté "caméléon" qui m'a toujours aidée à m'adapter...) mais simplement je n'ai pas envie, pas besoin d'avoir une vie sociale. Et surtout, ça n'engendre aucune souffrance. Au contraire, c'est la socialisation imposée qui me fait souvent souffrir ! Quand je suis seule, dans le calme de mon domicile, livrée à moi-même, je suis paisible, tranquille, zen, calme, détendue, insérez l'adjectif de votre choix.

    Depuis que je suis toute gamine, on associe mon comportement solitaire à (entourez la réponse souhaitée) : une maltraitance parentale, une phobie sociale, une timidité maladive, un manque de confiance en moi, un complexe d'infériorité. Et j'en passe.

    Je n'ai jamais, jamais été maltraitée (moi j'étais plutôt du style enfant-tyran qu'enfant-tyrannisé...), je n'ai aucune phobie sociale (ni agoraphobie, au revoir Docteur !), je ne suis pas timide (réservée, oui, par choix, parce qu'on apprend énormément en observant d'abord et en prenant la parole plus tard...), et j'ai une très haute idée de moi-même (et tant pis si ça ne se dit pas !)... Et j'ai plutôt un complexe de supériorité qu'autre chose (oui, je sais, ça ne se dit pas non plus, mais je n'en ai pas honte !)...

    On m'a enquiquinée toute ma vie durant sur le sujet. Enfant, ça m'a valu des visites chez les psychologues scolaires. Qui au passage m'ont dégoûtée à vie des psys. Ado, ça me valait des réflexions de mes responsables de division, qui voulaient que je "prenne part à la vie en collectivité". J'aurais envie de leur dire, maintenant, avec le recul, que lorsqu'on s'acharne à forcer les gamins à faire des choses qui les répugnent, on ne parvient qu'à une chose, les bloquer davantage...

    Adulte, ça me vaut d'être encore taxée de "snob" ou d'être regardée comme une chose bizarroïde.

    Je n'ai jamais réussi à comprendre ce qui justifiait ces attitudes tordues.

    Je veux dire : pourquoi associe-t-on forcément la solitude CHOISIE à un mal-être, à une souffrance, voire, parfois, à une pathologie mentale ???

    Pour moi, la solitude, c'est juste une préférence, un trait de caractère à la limite, un mode de vie pleinement assumé surtout !

    Comme je l'ai déjà dit, je reste consciente que, peut-être, éventuellement, hypothétiquement, l'isolement que j'affectionne tant maintenant pourra me faire souffrir dans dix ou vingt ans. Mais soyons honnête, il serait ridicule de révolutionner un présent qui me plait pour prévenir d'éventuelles difficultés futures ! Sans compter que plus j'y réfléchis, et moins il me semble plausible que, hop, brusquement, d'un coup de baguette magique, je me dise : "ouin, je veux avoir des amis, je veux avoir une vie de famille, je veux sortir tout le temps"... Sauf gros coup sur la tête, franchement, ça m'étonnerait fort que je change de personnalité du jour au lendemain !

    Reste ce paradoxe de la solitude...qui rend parfois agressifs les autres. Ce n'était pas le cas hier, sur ce forum dont j'ai parlé plus haut. Mais ça a déjà été le cas avant. Plus d'une fois. IRL et sur le Web.

    Il y a des collègues qui m'ont prise en grippe parce que je fais "bande à part" en refusant de déjeuner avec eux, de participer aux soirées qu'ils organisent, d'aller aux pots de départ, voire récemment de donner de l'argent pour une collecte (quand je n'aime pas, je ne me force pas, même si officiellement je n'ai jamais rien reproché à la personne concernée par la collecte... Officieusement, c'était une autre histoire, j'ai donc refusé de jouer la carte de l’hypocrisie. Et de me séparer de mes dix euros. Navrée les gens, l'argent ça ne pousse pas sur les arbres...)... Il y en a une qui se sent persécutée parce que je ne lui parle pas assez. Et que j'ai refusé d'entrer dans le jeu absurde qui consistait à ramener un gâteau, chacun son tour, toutes les semaines. Partant du principe que je ne mangeais pas de gâteau (je fais gaffe à ma ligne, moi !) je n'ai jamais jugé utile de participer, surtout que la majorité des collègues vivaient le truc comme une corvée. Et devaient se farcir les commentaires désobligeants quand le gâteau n'était pas au goût de ces messieurs-dames. Merci bien.

    Au lycée, il y avait des filles qui pensaient que je les snobais parce que je refusais poliment de m'asseoir à côté d'elle en classe ou dans le bus.

    En primaire, les instituteurs me couraient après pour me forcer à aller jouer avec les autres, alors que je voulais juste lire sur mon banc.

    Et aujourd'hui encore, quand j'ai le malheur d'exposer mon mode de vie sur des lieux censés être des lieux d'échange (ce que je ne fais quasiment plus... à force, ça devient lassant d'entendre les mêmes réflexions !) on me dit que je "me fais des idées", que j'essaie de "me convaincre que je suis heureuse" ou encore que je veux "narguer les autres avec mon bonheur factice". Comme si, au choix, il était impossible OU malsain OU illusoire de trouver la solitude agréable et réconfortante...

    Je passerais sur le fameux discours qui répète en boucle que je suis forcément plus sociable que je le dis parce que je me sers d'Internet pour échanger. Ces gens-là ont une notion totalement faussée du Web. Ce sont sûrement les mêmes qui pensent avoir plein d'amis parce qu'ils sont envahis de demandes de gens qu'ils ne connaissent même pas sur FB...

    Au final, le vrai paradoxe, c'est que les gens comme moi, qui n'ont pas besoin d'avoir une vie sociale trépidante, qui n'envisagent pas de renoncer à leur mode de vie solitaire, qui ne s'ennuient jamais, même quand ils passent dix jours seuls chez eux...semblent déranger ceux qui n'envisagent pas de vivre sans amis et sans famille. Pourquoi ? Aucune idée ! Parce qu'on les renvoie à leur incapacité à supporter leur propre compagnie ? Parce que la solitude les angoisse et qu'ils nous en veulent de la trouver épanouissante ? Parce qu'ils ont été formatés par l'idée que "l'homme est un animal social" et qu'ils sont convaincus qu'on ne peut pas apprécier la solitude ? Parce que ce qui est différent fait toujours peur, quoi qu'on en dise ? Je n'en sais fichtrement rien.

    Personnellement, j'ai toujours estimé que mon mode de vie ne faisait de mal à personne. Et que donc personne n'avait le droit de me le reprocher... Je ne reprendrais pas l'adage qui dit "pour vivre heureux, vivons caché" parce qu'on va encore me dire que si on ressent le besoin de "se cacher" c'est qu'on a un souci avec le monde extérieur... Je dirais juste que notre vie nous appartient, individuellement, et que c'est à chacun de voir ce qu'il veut en faire. Si pour certains l'épanouissement passe par une vie sociale ultra riche, tant mieux. Si pour d'autres, comme moi, ça passe par une vie casanière et solitaire, tant mieux aussi ! Le principal, c'est que chacun y trouve son compte. Et qu'il arrête de lorgner le mode de vie du voisin...


    1 commentaire
  • Dernièrement, j'ai pris des distances avec les communautés (forums, groupes FB...) qui fleurissent un peu partout sur la Toile et qui sont consacrées à Asperger. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'à chaque fois, au bout d'un moment, se pose la question de ma "légitimité" au sein de tels groupes.

    Au début, je pensais que ça venait du fait que je n'avais pas de diagnostic officiel. Après tout, l'avis isolé d'une psy est un bon indice mais n'a rien d'une vérité absolue. Je le sais, j'en suis consciente, je l'admets, et...je m'en fiche.

    Manifestement, ça pose un autre problème. Je ne suis pas à la recherche d'un diagnostic qui inscrirait mon Asperger dans le marbre. Qui me ferait passer de "supposément Asperger" à "réellement Asperger". Bref. Il parait que les Aspies n'aiment pas les incertitudes. Personnellement, je n'ai pas l'impression d'être dans l'incertitude. Je suis convaincue que je colle au profil Asperger. Je pense également que je ne suis pas "que" Aspie. Je suis trop solitaire, ça fausse forcément la donne à un moment donné. Comment souffrir de l'incapacité à nouer des liens sociaux quand on n'a jamais ressenti le moindre attrait pour la dimension sociale, justement ? Je n'ai jamais, jamais, jamais souffert de mon inaptitude à nouer des liens. Au contraire, j'ai toujours souffert des tentatives extérieures pour "faire exploser" ma bulle. J'ai souffert quand les instits me forçaient à poser mon précieux bouquin pour aller jouer à des jeux crétins avec des camarades pour qui je n'éprouvais aucun intérêt. J'ai souffert quand, pour me "socialiser", ma mère s'est mise en tête de garder des marmots (qui au passage doivent garder un souvenir ému de mon accueil chaleureux, arf !). J'ai souffert quand mes parents m'ont "forcée" à fêter mes anniversaires en classe, alors que je n'y voyais qu'un calvaire. J'ai souffert quand, toujours pour me socialiser, ils ont tenté une inscription au club de tennis, pour m'inciter à sortir de chez moi.

    Il semblerait que la "souffrance" (le terme est quand même fort !) que je ressentais alors n'ait rien à voir avec la souffrance, réelle, douloureuse, handicapante, que les Aspergers lambda ressentent quand ils subissent une situation sociale. Le truc, c'est qu'en majorité, ils VEULENT s'intégrer dans la vie sociale. Ils VEULENT avoir des amis. Ils VEULENT qu'on leur parle, qu'on les invite, qu'on les prenne en considération.

    Moi... Eh bien, moi, c'était, et c'est encore, exactement l'inverse.

    Le hic, c'est que j'ai souvent retrouvé les mêmes travers sur les groupes que j'ai fréquentés. Visiblement, pour beaucoup, il y a un portrait-type de l'Asperger pur souche. Il doit souffrir de son isolement. Il doit rêver d'avoir une vie de famille normale, classique, chaleureuse. Il doit se remettre sans cesse en question. J'en passe. Je pense que cette façon de voir les choses est non seulement faussée mais dangereuse. Être Asperger, ça n'est qu'une caractéristique parmi tant d'autres. Ça ne définit pas une personne dans son ensemble. Il faut aussi accepter de tenir compte de la personnalité, de l'enfance, du cadre de vie, du milieu social même, allez savoir ! Je suis (supposément) Asperger, mais je suis aussi solitaire, réservée, méfiante, geek, un peu snob à mes moments perdus, vieux jeu sur beaucoup de domaines, etc... Il peut y avoir des Aspergers qui ne supportent pas d'être seuls, d'autres qui vont avoir besoin de s'exprimer à tout bout de champ, d'autres qui vont être naïfs et facilement manipulables... Encore une fois, tout est une question de caractère !

    De même, beaucoup d'Aspies semblent prendre plaisir à dénigrer ceux qu'ils appellent les "Neurotypiques". A croire que l'intelligence et la gentillesse ne sont que l'apanage des Aspergers... Je trouve un peu dommage de tomber dans la caricature. Si je ne suis pas la dernière à me plaindre des gens qui m'agacent, ce n'est pas pour autant que je les dénigre parce qu'ils sont "Neurotypiques" ! 

    Donc, voilà, j'ai mis de la distance avec tout ça. Ca me chauffait les oreilles depuis un petit moment, et hop, juste avant mes vacances, j'ai éprouvé soudain de besoin de couper les ponts. Attention, je ne dis pas que tout le monde dans ces groupes est rangé à la même enseigne ! Et je maintiens que ce genre de structures peut être une véritable aide pour les gens qui cherchent de l'aide pour mieux vivre leur Asperger. Cependant, moi, je considère que je n'y ai pas (plus ?) ma place.

    A cause de mon refus de diagnostic officiel, mais pas que.

    Le diagnostic officiel, justement, venons-en. Pourquoi je le refuse ? Je pourrais invoquer le fait que je n'aime pas les psys. Que l'idée d'être hachée menu pendant trois ou quatre jours par des tas de psy-bidules-chouettes me donne des sueurs froides (à choisir, je préférerais encore être enfermée pendant le même laps de temps avec des zombies évadés de The Walking Dead !). Que, ne conduisant pas, j'aurais déjà du mal à faire le trajet jusqu'au CRA de ma région et que je ne me sens pas le courage d'affronter le train, le bus et le tram. Que, mes parents (enfin ma mère surtout) refusant de prendre part au diagnostic, je pense déjà partir avec un sérieux handicap...

    La vérité, elle tient en une phrase : JE N'AI PAS BESOIN DE CETTE RECONNAISSANCE ! N'en déplaise à la psy que j'ai vue un temps, et qui m'a orientée vers la piste Asperger, je n'éprouve aucune envie d'officialiser la chose. D'après cette spécialiste, je finirai (pas au conditionnel mais bien au futur !) tôt ou tard par souffrir et de mon isolement "extrême" (d'après elle) et de mes difficultés relationnelles, et de mon stress quasi permanent. Elle pensait que vouloir travailler à temps plein jusqu'à la retraite était une utopie, et que je n'y parviendrais pas. Elle craignait le burn-out (que j'ai frôlé, je crois, mais pas du tout à cause d'Asperger ! Plutôt à cause de l'incompétence et de la méchanceté de certains...) et voulait me convaincre de passer par le CRA pour obtenir la confirmation du diagnostic, et par la suite...un statut "AAH". Ce qui signifie : Allocation pour Adulte Handicapé. Non mais, seriously?? J'ai mis un terme au suivi psy devant son insistance sur le sujet. Je n'ai aucun préjugé sur les Aspergers qui bénéficient de ce statut, je sais que beaucoup ont de réelles difficultés à gérer le quotidien et que ça les rend incapable d'affronter le monde du travail. MAIS je sais aussi que j'ai eu toute ma vie une chance MONSTRUEUSE (pourvu que ça dure, hihi !) et que je ne m'imagine pas me retrancher derrière Asperger pour ne plus bosser qu'à mi-temps (c'était son idée...).

    Nom d'un éléphant rose : j'ai 34 ans, un appartement à moi, un boulot fixe depuis 13 ans et un statut tout beau tout neuf de fonctionnaire ! En quoi ai-je le droit de me plaindre ? Alors oui, je suis crevée tous les soirs. Alors oui, je suis incapable de socialiser, même le weekend, même pendant les vacances, parce que le boulot me vide de toute envie de voir du monde. Alors oui, j'ai deux-trois crises d'angoisse par jour, et une bonne crise de migraine par semaine dès que je travaille. Et puis ? Je connais ça depuis mon enfance. J'ai toujours somatisé. J'ai toujours eu des angoisses. Des troubles du sommeil. J'en passe. J'ai l'habitude, en quelque sorte. Je sais que je ne serai jamais zen. Boulot ou pas. Et puis j'aime trop mon petit confort pour me priver d'une bonne moitié (si pas plus !) de ma paie ! Pour de bon, voir moins d'argent entrer sur mon compte en banque serait une bonne grosse source d'angoisse !

    Et puis quand bien même... Tout ce que j'ai cité plus haut, l'appart, le boulot, la vie indépendante... Je sais que ça rendrait perplexes les psys du CRA. Je suis une Aspie-Caméléon, j'ai su dompter mes difficultés pour devenir parfaitement autonome (ou presque). Contrairement à beaucoup, je sais gérer les difficultés administratives, je sais téléphoner pour obtenir des renseignements (même si je maintiens que le téléphone est une invention du diable !), je sais gérer mes finances à la perfection, je sais tout autant gérer mes relations avec ma hiérarchie, prendre des initiatives, imposer mes idées... Reste les difficultés relationnelles. Elles sont réelles, je le sais. Mais je sais aussi qu'elles n'occasionnent aucune souffrance, et je ne me vois pas prétendre le contraire devant des professionnels juste pour obtenir l'officialisation du diagnostic.

    On m'a accusée récemment de vouloir surfer sur l'effet de mode. Il semblerait qu'être Aspie, c'est tendance. Eh bien désolée, mais moi, je n'en tire aucune gloire. Et si au contraire je voulais me pavaner et afficher bien haut l'étiquette "JE SUIS ASPIE", il me semble que j'aurais entamé les démarches auprès du CRA depuis belle lurette ! Je ne parle pas d'Asperger à tout bout de champ. J'ai jugé utile d'informer les gens que je connais, mais depuis j'ai laissé le sujet de côté. C'est un peu comme si je leur avais dit "au fait, je suis myope". Mon mode de vie n'a rien de glorieux. Rien de honteux non plus, soyons clair. Mais il n'y a pas de quoi en faire la publicité !

    Je ne demande à personne de valider le diagnostic "officieux" que j'ai reçu. Je ne demande à personne d'y croire à 100%. Je considère que l'essentiel, c'est que moi, je me reconnaisse dans ce portrait. Que je puisse enfin mieux cerner mes difficultés. Les cerner, pas les dompter, pas les effacer, pas les "surmonter". Je n'ai pas envie, pas besoin de changer de mode de vie. Être officiellement reconnue Asperger, ça ne me rendrait ni plus zen, ni plus sociable. Ça n'enlèverait rien au fait que je n'ai jamais éprouvé le besoin de construire un cercle social.

    Donc non, désolée, même si ça enlève une partie de ma crédibilité, je le maintiens : pas de diagnostic officiel pour moi !!


    2 commentaires