• Série : In the After

    Tome 2  : In the End

    Auteur : Demitria Lunetta

    Genre : science-fiction / jeunesse

    Avis rapide : yes

    Résumé : Trois mois se sont écoulés depuis qu'Amy s'est échappée de New Hope. Depuis qu'elle a vu Baby ou Kay ou Ray pour la dernière fois. Elle survit seule, comme elle le faisait avant d'être "sauvée" et emmenée dans ce qu'elle croyait être un endroit sûr. Même alors qu'elle recherche de nouvelles provisions, la voix de son ancienne camarade Kay retentit grâce à l'oreillette qu'elle possède depuis son départ. Et, d'un ton désespérée, Kay lui murmure quatre mots, qu'Amy espérait ne jamais entendre : Dr. Reynolds détient Baby. Une course contre la montre démarre, car Baby est en grand danger, sa vie est menacée par le docteur qui a aidé à la fin du monde. Pour sauver la vie de Baby, Amy va devoir se rendre jusqu'à Fort Black, une ancienne prison transformée en une colonie de survivants où elle devra trouver Ken - le frère de Kay - car il détient la solution pour la survie de Baby. Mais avant qu'elle puisse faire quoi que ce soit, elle devra survivre dans le plus sombre des endroits. Le moindre faux pas coûterait non seulement la vie de Baby et d'Amy mais menacerait également la survie des gens dans le Monde d'Après.

    J'avais adoré mon incursion dans l'Après avec In the After. Et j'étais plutôt pressée de retrouver Amy et ses compagnons, notamment parce que je lis énormément de livres de ce type et que j'ai toujours peur de finir par m'emmêler les pinceaux si je tarde trop. Et puis bon, j'étais plutôt pressée de savoir ce qui allait arriver à nos héros !

    Je l'avoue, au départ, j'ai eu quelques doutes. J'ai cru voir surgir à l'horizon le schéma classique du triangle amoureux, et ça a commencé à me faire grincer des dents. Parce que bon, je ne sais pas trop si ça vient de la haine viscérale que je voue à la géométrie, mais moi, les triangles amoureux, ça me gonfle ! Donc quand j'ai vu surgir Jacks, et quand j'ai remarqué le comportement d'Amy, j'ai commencé à grogner. Puis...ouf, c'est passé ! Car l'auteur arrive à éviter la mièvrerie, et finalement on se rend compte que ce triangle s'efface plus rapidement qu'il ne se dessine ! Ouf ! La menace des Florae y est pour quelque chose : pas le temps de se la jouer Roméo et Juliette quand de vilains monstres dévoreurs de chair humaine vous menacent !

    J'ai adoré l'introduction de nouveaux personnages, même si j'ai trouvé Jacks un peu trop parfait, et le Surveillant un peu trop caricatural. J'ai détesté Tank, qui semble tout droit sorti d'un roman de Stephen King (et franchement je pense que si un lecteur parvient à l'apprécier, il faut ab-so-lu-ment l'expédier à l'hôpital psychiatrique le plus proche !) et j'ai tout de suite adhéré au personnage de Brenna.

    L'écriture est toujours aussi nerveuse, énergique, parfaitement adaptée à l'histoire. Et la fin est, à mon sens, parfaite ! L'auteur a réussi à mettre le point final à son récit, tout en laissant ses lecteurs libres d'imaginer la suite ! Encore une fois, je trouve le choix du diptyque très judicieux, et totalement appropriée à ce type de récit.

    J'avoue avoir une préférence pour le premier tome, mais dans l'ensemble, j'ai beaucoup apprécié ce second et dernier volet.

     


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  • Ma jolie PALM de mai...

    Histoire d'essayer de trucider ma PAL (que j'ai renoncé à compter... Elle doit dépasser les 500 livres...) j'ai décidé d'instaurer un rendez-vous mensuel : la PALM. Ou Pile A Lire Mensuelle.

    Le principe ? Choisir les livres qui devront être lu en priorité dans le mois.

    Les livres non lus sur le mois seront automatiquement intégrés dans la PALM du mois suivant.

    Nous avons donc pour mai :

    Le Cauchemar de l'Epouvanteur, de Joseph Delaney

    Gone, tome 4 de Michael Grant

    Legend, tome 1 de Marie Lu

    Le Secret de l'Inventeur, d'Andrea Cremer

    Partials, tome 2 de Dan Wells

    Merlin, tome 1 : les années oubliées de T.A. Barron

     


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  • Pendant longtemps, j'ai cru que j'étais fainéante.

    Parce qu'en dépit d'un mode de vie routinier, ralenti, pas très dynamique, je suis très rapidement fatiguée. Une fatigue plus "psychique" que physique. Difficile à expliquer. Pas facile à voir. Souvent peu crédible, parce que même quand je me dis "crevée", en effet, je vais quand même me coucher tard, et que malgré tout je ne fais pas de grasse matinée le lendemain.

    Moi, dans mes bons moments !

    Maintenant, je commence à entrevoir une explication à cette drôle de fatigue. Quand je suis tombée sur différentes définitions d'Asperger, j'ai remarqué que beaucoup se plaignaient de la fatigue éprouvée après des interactions sociales prolongées. Miracle ! Cette fatigue décrite, c'est la mienne. Une impression curieuse d'être "vidée de toute énergie", au point de se sentir comme "transformée" en une sorte de zombie.

    Moi, dans mes mauvais moments !

    Je ne suis donc pas fainéante. Je suis Asperger. Nuance.

    Je comprends mieux pourquoi j'accorde tant d'importance aux weekends. Aux vacances. Pourquoi, petite, puis adolescente, je faisais des croix sur les calendriers, comme un prisonnier comptant les jours jusqu'à sa libération... Ma libération à moi, c'était les vacances. Je n'étais pas impatiente à l'idée de vivre plein d'aventures. Mes vacances idéales, c'est chez moi. Sans personne. Au calme. Je pars grand maximum deux fois par an, avec mes parents, et jamais plus d'une semaine. Toujours dans le même genre de cadre. Au bord de la mer. En gîte. Parce qu'il y a de la place et que c'est propice à l'isolement. Et franchement, ne pas partir ne me manquerait pas.

    Les vacances, pour moi, ça doit être une rupture totale avec cette dimension sociale que je subis (travail oblige) le reste de l'année. Là, je guette mes trois énooooormes semaines de congés, fin mai /début juin...et j'espère bien les vivre comme je l'entends, avec mon chien, mes livres, ma télé, mes puzzles et RIEN D'AUTRE !

    Ça semble sidérer pas mal de gens qu'on puisse rester chez soi et ne pas s'ennuyer. Sincèrement, "s'ennuyer", c'est un terme qui m'est totalement inconnu. Enfant, je passais mes deux mois de vacances estivales (ah, c'était le bon temps...) toute seule, sans voir personne. Je passais mes journées dans le jardin, à chasser l'escargot, à poursuivre des malfrats imaginaires armée de mon képi et de mon fusil en plastique. Ou bien j'inventais des histoires, assise pendant des heures à la table du salon. J'ai des cartons remplis de récits plus ou moins réussis, l'écriture est et restera une de mes grandes passions. Plus tard est venu le temps de l'informatique, avec mon premier ordinateur, un Amstrad 6128 + (un dinosaure, pour l'époque actuelle !)... Autre passion qui me poursuit toujours ! Je faisais des puzzles, aussi. J'en fais toujours, mais je ne les conserve plus, l'appartement n'a pas assez de murs pour les accrocher tous. Et puis je regarde des séries. Beaucoup. En Anglais uniquement. Je suis autodidacte, j'étais très mauvaise en Anglais pendant ma scolarité, le côté "par cœur" me rebutait. Maintenant je peux lire un roman complet en Anglais sans dictionnaire, et je regarde tous mes DVDs en Anglais, souvent avec les sous-titres Anglais pour intégrer plus facilement de nouveaux mots. Je joue aux jeux vidéos. J'adore les Sims. Oui, j'ai 33 ans et je peux passer cinq heures à jouer aux Sims ! Même pas honte ! (mais même dans ce jeu, mon manque d'intérêt pour la vie sociale attire des soucis à mes pauvres Sims qui dépriment vite !!)

    Mes journées me paraissent toujours trop courtes. Vacances ou pas. Pendant très longtemps (11 ans), je n'ai travaillé que cinq heures par jour (pas par choix, parce que c'était imposé par mon contrat...) et pourtant j'avais le sentiment de manquer de temps. Sentiment encore plus accentué maintenant que je suis à temps complet. Alors que je n'ai aucune corvée. Pas d'enfants à élever. Pas de mari à distraire. Pas d'amis à recevoir. Pas d'activités extérieures.

    Si j'avais une baguette magique, c'est évident que le premier de mes vœux serait de transformer les journées de 24 heures en journées de 72 heures. Minimum. (Bon, on peut aussi remplacer la baguette magique par un TARDIS...)


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  • J'ai hésité un moment avant d'aborder le sujet sous l'étiquette Asperger. Parce que bon, je savais que je resterais "nullipare" (quel vilain mot !) avant même de savoir que je faisais partie du clan des Aspies ! Cependant, je pense que ma façon d'envisager la chose est quand même intimement liée à mon Asperger, donc voici un petit article pour aborder le sujet.

    Mais d'abord... Être nullipare, c'est quoi ? Si on en croit mon ami Wikipédia : "Une femme est dite nullipare lorsqu'elle n'a jamais accouché." Mouais. En gros, une femme nullipare, c'est une femme qui n'a pas eu d'enfants. Voilà, c'est dit.

    Et comme je suis une horrible personne, chez moi c'est un CHOIX. Un vrai. Assumé. Et ce depuis...euh...toujours ?! Sérieusement, je me souviens que dès 5 ans je répétais à qui voulait l'entendre que je n'aurais jamais ni enfants ni mari. Alors évidemment, à cet âge, ça faisait sourire, voire même franchement rire ! On s'obstinait à me filer des poupées à chaque Noël, je les décapitais au bout d'une heure, mais l'année suivante, rebelote, on m'offrait d'autres poupées ! Plus les années passaient, plus je le répétais, et plus ça riait jaune ! Adolescente, je n'en démordais pas ! Je me souviens que ma mère était ravie de me voir revenir de l'école avec deux petites voisines qui avaient décrété que j'étais leur copine et qui ne voulaient plus rentrer qu'avec moi. Elle devait y voir le signe d'un revirement souterrain. Mais non. Je n'ai jamais douté un seul instant de ce non-désir.

    Je pourrais sortir des excuses travaillées, limite mélodramatiques. "Ah, mais mettre un enfant au monde dans cet environnement malsain, pollué, imprégné de violence, c'est maaaaaal !" Ou jouer l'éplorée de service. "Snif, je n'ai pas encore rencontré mon prince charmant, comment voulez-vous que je sois maman ?!" Ou encore me faire passer pour une douillette. "Rien que d'imaginer l'accouchement, aaaaaaaaaaah je défaille !" Mais je n'ai AUCUNE excuse de ce genre à fournir. Vraiment aucune.

    La seule vérité, la vraie, la mienne, c'est que je n'ai PAS ENVIE. Là. Point barre.

    Mais évidemment, personne n'arrive à se contenter d'une réponse pareille, pensez donc ! C'est "anormal", toutes les femmes "ont l'instinct de procréer", "on ne devient une femme qu'en devenant mère", blablablablabla. Avec tout ce que j'ai entendu sur le sujet, j'aurai de quoi remplir une encyclopédie. En deux volumes, en plus.

    Il parait que ça fait de moi une vilaine égoïste. Ce à quoi je réponds : et puis ?! Je préfère être une égoïste sans enfants, plutôt que de pondre deux ou trois marmots pour être dans la norme et les rendre malheureux ! Et là, bien évidemment, on me sort : "Mais qui te dit que tu les rendrais malheureux ? je suis sûr que tu serais une maman formiiiiiiidable !" Ah bah tiens, comme c'est facile ! Et les numéros gagnants du Loto, on me les prédit quand ?! Donc en gros : je ponds le(s) marmot(s) et seulement après je m'inquiète de ce que j'en fais. Hum hum. Et s'il s'avère que je n'ai aucun instinct maternel, je les revends sur le Bon Coin ?? Désolée, je deviens cynique ! 

    Je me rappelle d'une conversation surréaliste avec une bonne femme qui était venu faire un stage-express d'une semaine. La cinquantaine. Frisée comme un mouton. On l'appellera d'ailleurs Mme Mouton. C'était du temps où je faisais encore semblant d'être sociable, j'allais donc déjeuner au restaurant administratif le midi. Mme Mouton s'était incrustée. Elle était horriblement bavarde, la voix haut perchée, bref, les collègues, fort courageusement, s'étaient sauvés sitôt le repas terminé. Moi, j'étais restée pour prendre ma dose de caféine. Mme Mouton aussi. Sont arrivées les questions hautement prévisibles, sur le "petit copain" (j'avais dans les 23 ans...) et le reste. Comme je lui disais que j'étais très contente d'être célibataire, elle m'a dit que "quand même, tu dois être pressée de devenir maman !". Et comme je suis du style à ne pas faire dans la dentelle quand ça m'énerve, je lui ai rétorqué que, non, justement, je ne voulais pas d'enfants. Sacrilège, horreur, enfer et damnation ! Je lui aurais avoué être la fille cachée de Ed Kemper que ça n'aurait pas été pire. Et là est arrivée la phrase qui restera pour un moment encore au hit-parade des phrases les plus débiles du siècle : "Mais tu te rends compte, c'est égoïste, tu vas priver tes parents de la joie d'avoir des petits-enfants !" Euh. Comment dire...?! Je ne sais plus trop ce que j'ai aboyé en retour, je sais juste que la dame m'a soigneusement évitée pour le reste de son stage. Sérieusement ?! Pour ne pas priver mes parents de la joie d'avoir des petits-enfants, je devrais donc pondre un marmot ou deux, sans en avoir envie, juste pour ne pas être égoïste... Oui oui oui. Et la marmotte, qu'est-ce qu'elle fait, la marmotte ??

    Je reconnais que j'adore ma vie de grande gamine. Bon, ok, c'est une vie de grande gamine pas sociable à tendance ermite, mais c'est loin d'être une vie d'adulte. Les corvées, je les fuis. Les obligations, idem. Les responsabilités, au secours. Je lis des bouquins pour ados, je joue à la console, je fais des puzzles, je chantonne des histoires de lapins qui ont tué un chasseur et d'éléphants qui se balancent sur les balançoires, j'adore regarder des trucs-qui-font-peur et me planquer sous la couette après... Je ne me projette pas DU TOUT dans une vie de famille. Partager mon espace avec un homme : no way! Construire sa vie autour des besoins d'un enfant : non merci ! J'aime trop mon indépendance, ma liberté, je serais foncièrement incapable d'y renoncer ! Et là on me dit : "mais qui te parle de renoncement ?! Tu sais, tes enfants ne seraient pas avec toi 24 heures sur 24 !" Alors oui, autour de moi j'ai des exemples de donzelles qui laissent les marmots à droite à gauche, qui leur fourguent même des calendriers pour les vacances d'été, histoire que le gnome sache que lundi il est chez tata, mardi chez papy, mercredi chez la Copine Chose. Euh. Oui mais non. Avoir un enfant, pour moi, c'est s'en occuper, et pas s'en débarrasser aussi souvent que possible pour avoir la paix !

    Bien entendu, on m'a prédit que je le regretterai ! J'ai longtemps cru qu'on me ficherait la paix quand je serai bien installée dans ma vie et que mon bonheur serait visible. Erreur ! J'avais perdu de vue un truc essentiel. Une menace terrifiante. La fameuse, horrible, atroce, épouvantable... HORLOGE BIOLOGIQUE ! Avec des Majuscules Partout, si si, parfaitement !

    Quand j'étais gamine, on s'attendait à ce que j'aie peur du monstre caché sous le lit et du Grand Méchant Loup. Maintenant que je suis adulte, je devrais trembler d'effroi devant cette vilaine HORLOGE BIOLOGIQUE. Brrrr...

    Oui mais non. Décidément, je suis contrariante, mais il m'en faut plus pour me flanquer la frousse. Sous prétexte que je POURRAIS éventuellement regretter de ne pas avoir eu d'enfants à 50 ou 60 ans, je devrais en avoir MAINTENANT, alors que je n'en ai pas ENVIE et que si on me donnait le choix entre me jeter du haut de l'escalier ou avoir un marmot, je me précipiterais sans hésiter vers l'escalier le plus haut et le plus biscornu. J'exagère, mais pas tant que ça !!

    Je passe sur les arguments médicaux. Ne pas avoir d'enfants augmenterait les risques de cancer du sein. Mouais. D'une, rien ne le prouve scientifiquement. De deux, je ne vais quand même pas avoir un marmot pour éviter (hypothétiquement) le grand vilain Crabe !!

    Le pire, c'est que j'avais souvent l'impression que l'argument suprême est : "mais tu vas vieillir SEULE, du coup !" Comme si le fait d'avoir des enfants était la garantie absolue du contraire ! Ma mère travaille auprès des personnes âgées. 90% d'entre elles ont des enfants. Qui passent les voir une fois l'an. Qui emmènent Mamie sur la tombe de Papy pour y déposer un chrysanthème (payé par Mamie...) à la Toussaint. Qui viennent à Noël avec les petits z'enfants pour quémander des étrennes. Certes, je fais des généralités, mais ça existe, et plus souvent qu'on ne le croit. Quant aux 10% qui restent... Eh bien ce ne sont pas les plus malheureux, parce qu'ils savent depuis toujours à quoi s'attendre. Attention, je parle bien de ceux qui n'ont pas voulu d'enfants, pas de ceux qui n'ont pas pu en avoir. Le ressenti n'est forcément pas le même... La plupart des gens qui n'ont pas voulu d'enfants sont jalousés par les autres, parce qu'ils ont généralement une vie plus confortable. Comme toujours, ceux qui tombent dans le piège de la comparaison critique oublient juste l'essentiel : les enjeux ne sont pas les mêmes ! Un couple qui élève deux ou trois enfants aura forcément plus de dépenses à couvrir. Une maison plus grande. Plus d'argent à injecter dans le poste alimentation. Des assurances plus chères. Des frais de scolarité, de garde, d'habillement, de loisirs, de santé. Un enfant, ça coûte cher, et tant pis si énoncer ce genre de vérité me vaut la damnation éternelle. Et puis souvent, les couples sans enfants ont eu davantage d'occasion de se concentrer sur leurs carrières respectives... Ils étaient plus disponibles, plus aptes à bouger, moins fatigués aussi. Tout ça, mine de rien, ça aide !

    Alors oui, évidemment, un couple sans enfants vit souvent confortablement. Et puis ? Il est quand même amusant de constater que ceux qui les jalousent sont généralement les mêmes que ceux qui disent qu'ils n'auraient jamais pu vivre sans enfants ! Mais alors, à quoi bon jalouser ?

    Imaginez donc mon cas : non seulement je ne veux pas d'enfants, non seulement je suis célibataire et décidée à le rester, mais en plus je suis propriétaire du toit que j'ai au-dessus de la tête et je suis fonctionnaire !! Et puis j'ai le malheur d'assumer le fait que je suis très attachée à mon petit confort ! Rhooooo !

    Je ne revendique pas du tout mon non-désir d'enfants.  Je ne critiquerai jamais, au grand jamais, les femmes qui ont des enfants. Je ne les envierai jamais non plus, c'est certain. Mais je voudrais bien qu'on reconnaisse que ne pas vouloir d'enfants est un DROIT et que ça n'a rien de honteux. J'aimerais surtout qu'on arrête de se livrer à des psychanalyses de pacotille sur les femmes qui, comme moi, ont juste fait le CHOIX de ne pas devenir mères ! Elles n'ont tué personne, elles n'ont rien subi d'horrible dans leur enfance, elles ne sont pas dépressives, elles ne manquent pas de confiance en elles, elles n'ont juste pas ENVIE !

    Je sais que mon manque d'intérêt pour les enfants des autres n'arrange pas ma réputation. Mais que voulez-vous, je ne sais pas faire semblant ! Je ne peux pas m'extasier devant un nourrisson. Ni devant les progrès d'un enfant. Je ne veux pas d'enfants à moi, ce n'est pas pour tomber en amour devant les enfants des autres ! Mais les enfants, c'est comme les chats : manifestement, moins vous prêtez attention à eux, et plus ils sont décidés à vous adopter ! L'an dernier, une petite fille s'est accrochée à moi dans un magasin, elle ne voulait plus retourner voir sa mère (qui était un peu verdâtre, pensez donc !) et elle avait décidé que j'étais sa grande copine. Oups.

    Précision utile : beaucoup de femmes Asperger ont un désir de maternité ! Je ne suis pas du tout représentative en ce sens, même si je pense que ma façon de rationaliser la chose est quand même liée à mon Asperger. Les femmes Asperger se posent souvent beaucoup de questions sur la maternité et sur leurs capacités à être mères, mais je pense vraiment que mon non-désir d'enfants est plutôt lié à ma personnalité  qu'à mon Asperger... J'ai essayé de reconsidérer ma position après mon pré-diagnostic et j'en suis venue à la conclusion que je n'avais décidément pas envie de fonder une famille ! Nullipare je suis, nullipare je resterai !


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  • Le monde que nous connaissons n’existe plus. L’humanité a été infectée par un virus transformant les hommes en bêtes sanguinaires. Vous incarnez Joel durant son périple à travers des Etats-Unis dévastés. Accompagné d’Ellie, une jeune fille aussi brave que fragile, vous devrez lutter pour survivre et échapper aux infectés mais surtout aux hommes restants que la soif de vivre a rendus fous.

    Il fallait ABSOLUMENT que je parle de ce jeu, que j'ai adoré du début à la fin ! (oui oui, j'ai réussi à le terminer sans trop de mal ! même si bon, j'avoue, je suis morte une bonne centaine de fois, dévorée par des zombies affamés !)

    Je précise que j'y ai joué sur PS3.

    Premier point fort : l'histoire ! Très cinématographique, vraiment prenante, effrayante dès le début... Début très surprenant d'ailleurs, ceux qui y ont joué sauront de quoi je parle ! Il y a beaucoup de rebondissements au cours de la partie, certains font vraiment froid dans le dos, je pense à quatre ou cinq passages en particulier...

    Deuxième point fort : les graphismes. Splendides. Parfois, on s'arrête juste pour admirer le paysage. Il y a vraiment quelque chose de magique dans la manière dont on voit la nature reprendre le contrôle dans les villes à l'abandon... Les animations sont fluides, les décors sont vraiment très réalistes, c'est splendide, il n'y a pas d'autres mots.

    Troisième point fort : la musique. Très prenante, collant à l'ambiance, elle nous plonge dans cette atmosphère étouffante dès le départ.

    Quatrième point fort : le gameplay, intuitif, qui se maîtrise dès les premières minutes de jeu ! (et Dieu sait que je ne suis pas DU TOUT douée en la matière !)

    Bref, vous l'aurez compris, ce jeu est une vraie merveille ! Il a occupé de nombreuses soirées, je vous conseille d'ailleurs d'y jouer dans la pénombre, histoire de vous immerger dans l'ambiance... Attention, vous risquez de sursauter plus d'une fois, car les ennemis sont particulièrement vicieux, et c'est souvent quand vous vous croyez sauvé que, oups, vous vous faites trucider !

    Il parait qu'une suite sortira, et j'espère vraiment que ce n'est pas qu'une rumeur car j'adorerais retrouver Joel et Ellie dans une autre aventure !

    Seul bémol : le contenu bonus que j'avais acheté et qui prolongeait le jeu en offrant un chapitre supplémentaire était vraiment superficiel et assez décevant par rapport à la richesse du jeu dans son ensemble...


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  • Il y a quelque chose de vital pour un Asperger. Et je pense que, pour le coup, je peux me permettre d'en faire une généralité car c'est vraiment un sujet qui revient régulièrement. Cette chose essentielle, c'est LA ROUTINE.

    Pour être franche, j'ai toujours eu une vie très routinière, avant même d'entendre parler d'Asperger ! Quand on a des hobbies solitaires et qu'on n'aime pas sortir, recevoir, faire la fête, on a forcément tendance à se créer une certaine routine. Cependant, la routine que j'avais avant de me savoir Asperger n'était pas vraiment appropriée à mes besoins... Prenez le sommeil, par exemple. Pendant des années, je me suis dit que l'essentiel, c'était d'avoir mes 8 ou 9 heures de sommeil. Qu'importe l'heure du coucher, du moment que je dorme le temps imparti. ERREUR ! Le temps de sommeil a son importance, mais nettement moins que le rituel qui entoure le coucher. Et surtout l'heure à laquelle je vais me coucher ! Je pensais aussi que le weekend ou pendant les vacances, je pouvais faire à peu près n'importe quoi : après tout, le dimanche, les vacances, les jours fériés, je ne bouge pas de chez moi donc pourquoi s'imposer des horaires de coucher ? Là encore, ERREUR ! J'ai longtemps traîné une grosse fatigue, à tel point que par moments, j'avais des pics d'angoisse en m'imaginant gravement malade. J'ai ainsi fait une fixation sur la leucémie, l'anémie, la mononucléose, j'en passe... Je me disais "mais tu dors suffisamment, donc si tu es fatiguée c'est que tu es malade !". Oui mais non. La vérité, c'est que mes journées étaient peut-être routinières, mais que ma routine n'était pas assez structurée.

    Quand on est Asperger, on se fatigue beaucoup plus vite que la moyenne. Ce n'est pas un défaut physique, ça vient surtout de l'hypervigilance constante qui est liée au Syndrome. On est toujours sur le qui-vive, jamais au repos, on prête attention à tout, on réfléchit tout le temps. En gros, on n'est pas équipé du bouton "OFF" qui mettrait nos cogitations sur pause. Cette fatigue vire à l'épuisement à chaque interaction sociale non préparée. Ça peut être un truc bête. Une réunion imprévue, une collègue qui vient discuter une heure dans le bureau (et qu'importe si ce n'est pas à moi qu'elle parle, c'est idem !)... La fatigue est alors plus psychologique que physique. Je le vois bien : quand je me sens épuisée au boulot, il me suffit généralement de rentrer chez moi, de tirer les rideaux et de me retrancher dans ma bulle pour me sentir de nouveau en pleine forme. Mais cette fatigue-là doit se gérer, s'évacuer, s'apprivoiser. Et c'est pour ça qu'il est important d'adopter une certaine routine.

    Évidemment, pour moi, c'est facile, puisque je suis célibataire sans enfants. Quoi que... Je suis parfois ma pire ennemie. Prenez le cas présent : là, au moment où je suis en train de taper ces lignes, j'ai une très fâcheuse ressemblance avec un zombie. J'ai un teint de fromage blanc périmé, j'ai les yeux qui me brûlent, bref, ce n'est pas la grande forme. Et pourquoi ? Parce que j'ai flanqué en l'air ma routine du soir deux jours de suite ! D'abord avant-hier soir, en me battant pendant trois heures avec une carte graphique récalcitrante. Puis hier, en m'adonnant à un de mes plaisirs coupables : Candy Crush. Jusqu'à...23h30. Oups. Chez n'importe qui, le fait de se coucher à 23h30 et de se lever à 7h15 n'entraînerait pas de phénomène de transformation en zombie ! Chez moi, si.

    Pour me sentir bien, c'est simple, je dois :

    - aller me coucher à heure fixe

    - me lever à heure fixe (la grasse matinée a un effet déplorable sur moi !)

    - manger à heure fixe : petit-déjeuner, déjeuner, dîner, qu'importe !

    - ne surtout pas me dépêcher le matin ! (et c'est là le plus dur pour moi, car j'ai tendance à traîner !!)

    - ne plus sortir de mon cocon après 18h00 !

    - avoir pris ma douche pour 19h00 dernier délai

    A partir de là, tout va bien ! Je peux consacrer le temps entre 18h00 et 22h00 à ce que je veux : console, lecture... Du moment que je ne me laisse pas happée par mon occupation et que je ne perds pas l'heure de vue !

    Au travail aussi, j'ai une certaine routine, à commencer par les heures auxquelles je prends mes cafés.

    Et si je suis en congés, je fais en sorte de toujours savoir à l'avance ce que je vais faire. Le matin, en me levant, je planifie la chose dans ma tête. Et je me tiens à ce que j'ai prévu. Histoire de structurer la journée.

    Le plus drôle, c'est que j'ai contaminé mon chien, qui est devenu un genre de minuteur à quatre pattes, et qui vient me chercher quand j'oublie de prêter attention à l'heure... Si à 22h15 je suis toujours scotchée à la console, je peux être sûre que je vais voir débarquer un Saucisson chouineur qui va me filer un coup de patte sur la main, l'air de dire : "eh, lâche ça, c'est l'heure d'aller au lit !" !

    Je dois reconnaître que j'ai du mal à appliquer cette routine sur le long terme, même en sachant très bien que c'est bénéfique. C'est probablement le plus contraignant dans l'affaire. Mais c'est un mal pour un bien !


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  • Série : Chroniques de la Fin du Monde (4 tomes)

    Auteur : Susan Beth Pfeffer

    Genre : science-fiction / jeunesse

    Avis rapide : arf

    Résumé du tome 1 :
    Enfin c'est le grand soir : l'astéroïde dont tout le monde parle va percuter la Lune ! Familles, voisins, amis, tous se rassemblent pour observer le phénomène. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. L'impact a été si violent que la Lune a dévié de son orbite et s'est rapprochée de la Terre. Peu à peu tout se dérègle... L'électricité puis l'eau sont coupées et les vivres commencent à manquer. Miranda et sa famille vont devoir accepter que la vie telle qu'ils la connaissaient a disparu à jamais.

    J'ai décidé d'écrire un petit article pour donner mon avis sur la série Chroniques de la Fin du Monde, que j'ai commencée en 2011 et terminée l'an dernier. Enfin, quand je dis que je l'ai terminée, ce n'est pas totalement vrai vu qu'un quatrième tome est sorti aux USA ! Sortira-t-il en France ? Mystère ! Mais franchement, je suis sûre que je ne le lirai pas ! Donc de mon petit point de vue à moi, j'ai fini la série, voilà !

    Pour rendre justice à l'auteur, je dois avouer que j'avais véritablement adoré le premier tome ! Mais vraiment ! Il m'avait scotchée, je me rappelle l'avoir lu d'une traite ! C'était pile le genre que j'aimais, avec une écriture très agréable, vraiment prenante, un gros coup de coeur à l'époque !

    Le tome 2 m'avait paru un cran en-dessous, un peu répétitif par rapport au premier, malgré le changement de narrateur et de contexte. Le personnage principal me paraissait moins attachant que Miranda, mais on retrouvait quand même le ton du premier opus, la dureté de certaines scènes, bref, ce n'était pas une totale déception.

    Le tome 3... Eh bien, c'est de lui que vient ma déception. J'en attendais beaucoup, car je savais qu'il réunissait les deux narrateurs, et j'ai été franchement désappointée par la manière de traiter cette rencontre. L'histoire d'amour tombe comme un cheveu sur la soupe, comme si l'auteur s'était sentie obligée de la caser dans son histoire ! On n'y croit pas une seule seconde, et les personnages en deviennent presque antipathiques. Sans compter certaines incohérences, je crois notamment me souvenir d'une histoire de conserves périmées (quand on sait que les conserves mettent des années à se périmer, bof bof)... En somme, ce tome était celui de trop, j'aurais préféré m'en tenir aux deux premiers, voire même au tout premier, qui était vraiment d'un niveau plus élevé que ceux qui ont suivi !


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  • Série : In the After

    Tome 1  : In the After

    Auteur : Demitria Lunetta

    Genre : science-fiction / jeunesse

    Avis rapide : ^^

    Résumé :  Ils entendent le plus léger des bruits de pas…
    Ils sont plus rapides que le plus dangereux des prédateurs…
    Et leur traque ne prendra fin qu’à votre dernier souffle ! Amy est devant sa télévision quand le pire se produit, quand ILS attaquent. New York, Paris, Tokyo… Des créatures sans pitié déferlent, et dévorent les humains. Personne ne sait d’où ils viennent mais une chose est sûre : la population de la planète décroît dramatiquement en quelques jours à peine. À l’abri de la grille électrifiée de sa maison, Amy parvient à leur échapper… mais pour combien de temps ? Elle qui a perdu tous les siens parvient tout de même à recueillir Baby, une petite fille qui a miraculeusement survécu aux crocs acérés des nouveaux maîtres du monde. Trois ans qu’elles survivent en autarcie, quand d’autres survivants commencent à se manifester. Elles pensent que leur enfer est terminé… mais il ne fait que commencer !

    J'ai acheté ce livre après avoir terminé de jouer à The Last of Us (superbe jeu qui fera l'objet d'un article dans les jours à venir...) parce que le résumé du roman me rappelait grandement le thème de ce jeu. Oui, je sais, c'est un peu bizarre comme critère de choix, mais que voulez-vous, je suis bizarre aussi !!

    Je suis fan des ambiances post-apocalyptiques, comme je pense l'avoir déjà dit. Mais le souci, c'est que lorsqu'on lit trop de livres du même genre, parfois, on se lasse, parce qu'on retrouve les mêmes ficelles, parce qu'on n'arrive plus à être surpris, parce qu'on sature un peu, bref !

    Avec ce livre-là, il ne s'est rien passé de tout ça ! Au contraire, j'ai totalement accroché à l'univers de l'auteur, qui arrive à nous surprendre d'un chapitre sur l'autre, et qui nous livre une révélation absolument effroyable à l'arrivée ! On s'attache très vite à l'héroïne, on tremble avec elle, on se bat avec elle, on s'identifie à elle dès les premières lignes. J'ai particulièrement aimé sa relation avec Baby, ainsi que le réalisme de certaines situations. L'écriture est nerveuse, les chapitres courts s'adaptent très bien au contenu du récit.

    J'apprécie également le fait que cette série soit construite en diptyque. Je trouve intéressant de se limiter à deux tomes, là où beaucoup d'auteurs cèdent à la tentation de la trilogie, quitte à avoir du mal à remplir le troisième tome.

    Je conseille ce livre à tous les amateurs d'ambiances apocalyptique !


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  • En 2012, j'ai acheté un chien. Un petit chihuahua, baptisé Hagrid, dit La Saucisse parce qu'il est excessivement long.

    J'ai grandi avec des animaux. Les médecins avaient dit à ma mère que ça me rendrait plus sociable, ouverte aux autres, du coup la maison a été transformée en véritable ménagerie. Berger Allemand. Chats. Tortues. Lapin nain. Cochon d'Inde. Souris blanches. Canaris. Perroquets. Octodon. Et j'en passe. Il y a toujours eu des poils, des écailles et des plumes à la maison.

    C'est donc presque naturellement que j'ai toujours dit qu'une fois "chez moi" j'aurai un chien. Moi, je visais le gros chien bien massif. Le Berger Allemand, en fait. J'en voulais un, que j'aurais baptisé Jazzy, comme le chien policier d'une série que j'ai écrite voilà plusieurs années de ça.

    Mon rêve : un Berger Allemand !!

     

    J'ai donc acheté mon appartement. Et j'ai pensé : "youpi, tu as les murs, manque le chien !" Je ne sais pas si c'est un trait propre aux Aspergers ou pas, mais quand je cogite, ça peut prendre du temps. Je pèse le pour. Le contre. Puis inversement. J'étudie. Je m'enthousiasme. Puis je reviens sur Terre et je réalise que mon enthousiaste était quand même largement démesuré. Bref, tout ça pour dire qu'en mettant tout bout à bout (appartement de 70 m² avec un étage inaccessible pour un chien et un salon continuellement dans la pénombre du fait de son côté troglodytique, 5 à 7 heures d'absence par jour, logement situé en ville loin de tout espace vert, pas de moyen de locomotion, etc.) j'ai été bien obligée de réaliser que mettre un Berger Allemand dans un univers aussi restreint, c'était tout sauf intelligent.

    J'ai donc renoncé au Berger Allemand. Et pendant un temps, j'ai boudé : "si je ne peux pas avoir de BA, autant ne pas avoir de chien du tout !" Aucune race ne me convenait, en fait. J'avais pensé au basset : mon triplex et ses deux escaliers était totalement incompatible avec la colonne vertébrale hyper fragile de cette race de chiens. J'avais songé au bouledogue. Sauf que ça bave, et que la bave, berk, ça me dégoûte quasi physiquement. Le caniche ? Pas mon genre. Le Yorkshire ou le Westie ? Trop de frais de toiletteur. J'ai passé des heures à chercher THE DOG, le chien qui correspondrait à mes critères, qui pourrait être compatible avec mon logement, bref... J'ai fait chou blanc.

    Jusqu'à ce jour où le hasard s'en est mêlé. J'étais en vacances, avec mes parents, et sur le chemin du retour on s'est arrêté à une brocante. Et on a croisé la route d'un papy qui promenait un tout petit chien tout mignon. Un chihuahua.

    Sitôt rentrée, j'ai sauté sur mon ordinateur pour me renseigner. Pour moi, le chihuahua, ça avait toujours été ce petit machin aboyeur, trop fragile pour se déplacer sur ses pattes, qui tiendrait plus de la peluche que du chien. Appelez ça l'effet Paris Hilton. Et oh surprise, j'ai découvert que les chihuahuas "ordinaires" (comprenez : pas les "tea cups" ou les "toys" qui eux sont effectivement minuscules et fragiles au possible) pouvaient peser dans les 3,5 kg, étaient très résistants et totalement compatibles avec une vie en appartement.

    Dans la semaine qui a suivi, j'avais réservé mon chien. Le côté rigolo voulant que j'avais opté pour un chiot et que je suis repartie avec un autre, une toute petite chose qu'un défaut minuscule et sans conséquence avait transformé en paria (le monde de l'élevage est cruel, ce petit chien ayant un "prognathisme", à savoir une mâchoire un peu plus en retrait que l'autre, il n'était plus bon à rien, et donc "bradé"... Personne n'aurait voulu de lui pour la reproduction ou les expositions, et moi je ne voulais rien faire de tout ça, donc je l'ai adopté !)...

    Hagrid est un chien très agréable, qui n'a jamais fait l'ombre d'une bêtise, qui a été propre en dix jours et qui sait très bien se faire comprendre. Il est à mon image (mimétisme ? ou simple trait de caractère ?) : solitaire. Il ne cherche pas trop le contact, même s'il aime bien dormir sur le canapé à côté de moi (et jamais sur mes genoux). Il est très agressif avec les autres chiens. Il l'était aussi avec les humains, mais ça s'est calmé, sauf si l'humain en question lui semble menaçant. Il "sent" les gens, j'en suis persuadée. Il ne dit rien quand il croise la route de quelqu'un que j'apprécie. Il roule de la gorge quand il sent que la personne me dérange. Malgré sa petite taille, il est très protecteur.

     Hagrid, dit la Saucisse... On se demande bien pourquoi !

     

    Bref. Ce qui m'a amenée à écrire cet article, c'est que depuis que j'ai mon chien, il n'est pas rare que j'entende des phrases comme : "Mais tu as un chien ?  Pourtant tu disais que tu aimais être seule chez toi, tu vois, ce n'est pas si vrai que ça !"

    Et là... je ne comprends pas. Enfin si, en fait, je crois que je ne comprends que trop bien. Dans l'esprit de ceux qui font cette remarque, j'imagine que les gens qui vivent seuls et qui ont des animaux les ont précisément pour se donner l'illusion d'une présence.

    Est-ce que c'est si difficile d'imaginer qu'on puisse avoir un animal juste parce qu'on apprécie sa compagnie ? Sans chercher à combler je ne sais quel manque fictif ? Mon chien est un chien. Pas un chien "humanisé" (encore heureux !!) et je l'apprécie justement pour ça : parce que c'est un CHIEN. Pas un humain. Un chien, ça ne parle pas pour ne rien dire. Ça ne vous impose pas sa présence à tout bout de champs. Ça ne vous fait pas de scène parce que vous n'avez pas envie de sortir.

    D'un autre côté, je suis consciente qu'il y a une notion un peu thérapeutique là-dessus : effectivement, mon chien m'oblige à croiser du monde. Sans lui, je ne sortirais pas de ma bulle. Avec lui, je sors deux fois par jour pour la promenade. D'une certaine façon, il me pousse à sortir de mon "isolement" mais c'est un petit côté bénéfique que je n'avais pas spécialement envisagé en l'adoptant. Appelons ça un bonus. Je sais que je ne suis pas la "maîtresse parfaite" pour mon chien. Je ne suis pas tactile. Je dois me forcer à lui faire des caresses. A jouer avec. Parce que ça n'a rien de naturel ou de spontané chez moi. J'ai réalisé en le recueillant qu'effectivement, niveau affectif, sentimental, relationnel, j'avais des lacunes, plus grosses que je ne le pensais. Si j'en avais été consciente, je ne sais même pas si j'aurais poursuivi mon projet de prendre un chien, parce que j'aurais eu peur de le rendre trop malheureux. Ce qui aurait été une erreur, car les chiens, contrairement aux humains savent s'adapter aux particularités de leurs propriétaires. Mon chien sait que s'il veut retenir mon attention, il doit s'imposer. Il le fait très bien. Il grimpe sur le canapé, se met debout devant moi et me donne des coups de pattes au visage jusqu'à ce que je réagisse. Il a compris que c'était à lui de faire la démarche, que ce n'était pas moi qui amorcerais le contact la première.

     

    En fait, si j'étais un chien, je crois que ça me vexerait énormément qu'on puisse dire de moi que je "remplace la compagnie d'un être humain". Parce qu'un chien, c'est quand même mille fois mieux que ça.


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