• Routine, vous avez dit routine ?

    Il y a quelque chose de vital pour un Asperger. Et je pense que, pour le coup, je peux me permettre d'en faire une généralité car c'est vraiment un sujet qui revient régulièrement. Cette chose essentielle, c'est LA ROUTINE.

    Pour être franche, j'ai toujours eu une vie très routinière, avant même d'entendre parler d'Asperger ! Quand on a des hobbies solitaires et qu'on n'aime pas sortir, recevoir, faire la fête, on a forcément tendance à se créer une certaine routine. Cependant, la routine que j'avais avant de me savoir Asperger n'était pas vraiment appropriée à mes besoins... Prenez le sommeil, par exemple. Pendant des années, je me suis dit que l'essentiel, c'était d'avoir mes 8 ou 9 heures de sommeil. Qu'importe l'heure du coucher, du moment que je dorme le temps imparti. ERREUR ! Le temps de sommeil a son importance, mais nettement moins que le rituel qui entoure le coucher. Et surtout l'heure à laquelle je vais me coucher ! Je pensais aussi que le weekend ou pendant les vacances, je pouvais faire à peu près n'importe quoi : après tout, le dimanche, les vacances, les jours fériés, je ne bouge pas de chez moi donc pourquoi s'imposer des horaires de coucher ? Là encore, ERREUR ! J'ai longtemps traîné une grosse fatigue, à tel point que par moments, j'avais des pics d'angoisse en m'imaginant gravement malade. J'ai ainsi fait une fixation sur la leucémie, l'anémie, la mononucléose, j'en passe... Je me disais "mais tu dors suffisamment, donc si tu es fatiguée c'est que tu es malade !". Oui mais non. La vérité, c'est que mes journées étaient peut-être routinières, mais que ma routine n'était pas assez structurée.

    Quand on est Asperger, on se fatigue beaucoup plus vite que la moyenne. Ce n'est pas un défaut physique, ça vient surtout de l'hypervigilance constante qui est liée au Syndrome. On est toujours sur le qui-vive, jamais au repos, on prête attention à tout, on réfléchit tout le temps. En gros, on n'est pas équipé du bouton "OFF" qui mettrait nos cogitations sur pause. Cette fatigue vire à l'épuisement à chaque interaction sociale non préparée. Ça peut être un truc bête. Une réunion imprévue, une collègue qui vient discuter une heure dans le bureau (et qu'importe si ce n'est pas à moi qu'elle parle, c'est idem !)... La fatigue est alors plus psychologique que physique. Je le vois bien : quand je me sens épuisée au boulot, il me suffit généralement de rentrer chez moi, de tirer les rideaux et de me retrancher dans ma bulle pour me sentir de nouveau en pleine forme. Mais cette fatigue-là doit se gérer, s'évacuer, s'apprivoiser. Et c'est pour ça qu'il est important d'adopter une certaine routine.

    Évidemment, pour moi, c'est facile, puisque je suis célibataire sans enfants. Quoi que... Je suis parfois ma pire ennemie. Prenez le cas présent : là, au moment où je suis en train de taper ces lignes, j'ai une très fâcheuse ressemblance avec un zombie. J'ai un teint de fromage blanc périmé, j'ai les yeux qui me brûlent, bref, ce n'est pas la grande forme. Et pourquoi ? Parce que j'ai flanqué en l'air ma routine du soir deux jours de suite ! D'abord avant-hier soir, en me battant pendant trois heures avec une carte graphique récalcitrante. Puis hier, en m'adonnant à un de mes plaisirs coupables : Candy Crush. Jusqu'à...23h30. Oups. Chez n'importe qui, le fait de se coucher à 23h30 et de se lever à 7h15 n'entraînerait pas de phénomène de transformation en zombie ! Chez moi, si.

    Pour me sentir bien, c'est simple, je dois :

    - aller me coucher à heure fixe

    - me lever à heure fixe (la grasse matinée a un effet déplorable sur moi !)

    - manger à heure fixe : petit-déjeuner, déjeuner, dîner, qu'importe !

    - ne surtout pas me dépêcher le matin ! (et c'est là le plus dur pour moi, car j'ai tendance à traîner !!)

    - ne plus sortir de mon cocon après 18h00 !

    - avoir pris ma douche pour 19h00 dernier délai

    A partir de là, tout va bien ! Je peux consacrer le temps entre 18h00 et 22h00 à ce que je veux : console, lecture... Du moment que je ne me laisse pas happée par mon occupation et que je ne perds pas l'heure de vue !

    Au travail aussi, j'ai une certaine routine, à commencer par les heures auxquelles je prends mes cafés.

    Et si je suis en congés, je fais en sorte de toujours savoir à l'avance ce que je vais faire. Le matin, en me levant, je planifie la chose dans ma tête. Et je me tiens à ce que j'ai prévu. Histoire de structurer la journée.

    Le plus drôle, c'est que j'ai contaminé mon chien, qui est devenu un genre de minuteur à quatre pattes, et qui vient me chercher quand j'oublie de prêter attention à l'heure... Si à 22h15 je suis toujours scotchée à la console, je peux être sûre que je vais voir débarquer un Saucisson chouineur qui va me filer un coup de patte sur la main, l'air de dire : "eh, lâche ça, c'est l'heure d'aller au lit !" !

    Je dois reconnaître que j'ai du mal à appliquer cette routine sur le long terme, même en sachant très bien que c'est bénéfique. C'est probablement le plus contraignant dans l'affaire. Mais c'est un mal pour un bien !

    « Chroniques de la Fin du Monde, tomes 1 à 3The Last of Us (PS3) »

    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :